Le 11 Mars 2011 en début d'après midi, un séisme de magnitude 9 frappe l'île de Honschu au Japon. Le Tsunami qui s'en suit fait plus de 20 000 morts. Dans les heures qui suivent, trois réacteurs de la centrale de Fukushima Daichi entrent en fusion.

Aujourd'hui, l'une des grandes questions pour tous ceux qui vivent dans l'archipel, est la crainte d'un nouveau tremblement de terre plus puissant encore.

Emmanuel Leclère a recueilli les témoignages de trois ressortissants français de cette région. Ils racontent cette sourde inquiétude, alimentée toutes les semaines par les médias japonais et par des secousses très concrètes, quasiment chaque jour.

« On a stocké des réserves et étudié comment fuire »

Vincent Dromer est un pâtissier français installé à Shiogama à 30 kms au Nord de Sendai. Sa toute petite boutique se trouve près du port. Avec son épouse Keiko ils ont décidé de rester et de vivre sous la menace d'un nouveau séisme suivi d'un raz de marée.

Vincent Dromer

« Un an après j'ai encore peur ! »

Philippe Nibelle, fut l'une des voix françaises de la catastrophe de Fukushima. On l’a beaucoup entendu, notamment sur France Inter. Auteur d'un livre-témoignage trois mois après la tragédie, il enseigne toujours le français à l'Université de Aizu Wakamatsu, à 90 kms de la centrale de Fukushima-Daichi. Il le reconnait, il est traumatisé par ce qu'il a vu et qu'il n'arrive pas à oublier.

Philippe Nibelle

« Il y a rarement plus de deux jours sans secousse »

Florence Otsuki. Elle vit à Sendai depuis 28 ans
Florence Otsuki. Elle vit à Sendai depuis 28 ans © Emmanuel Leclère

Florence Otsuki vit avec son époux japonais à Sendai depuis 28 ans.

Elle raconte comment sa maison est installée sur l'une des failles les plus fragiles de l'archipel et comment elle gère psychologiquement cette menace qui a pris beaucoup plus d'importance depuis le 11 mars 2011.

Florence Otsuki

« La contamination va bien plus loin que la zone d’exclusion »

Une zone d'exclusion de 20 kms est toujours en vigueur autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi. Seuls les "décontaminateurs" y ont accès chaque jour. Les habitants des communes voisines ont eu le droit d'y retourner à deux reprises, mais seulement pour y prendre des effets personnels. Mais cela devrait changer le mois prochain.

Des vraies villes fantômes qui se trouvent à l'intérieur de la zone d'exclusion sont parfois moins contaminées que des quartiers de villes bien au delà des 20 kms autour de la centrale, même s'il ne s'agit pas de venir vivre et habiter à nouveau près de la centrale nucléaire.

Takahito Sato travaille comme journaliste dans la région de Fukushima pour le troisième réseau de télévision japonais (Traduction Yann Gallic )

Takahito Sato

### « Les cancers chez les enfants apparaitront dans cinq à dix ans »

Un an après la catastrophe nucléaire de Fukushima, la contamination radioactive a considérablement décru, mais elle est chronique et présente pour des centaines d'années.

La "chance" du Japon, c'est que les vents ont poussé la majorité des rejets radioactifs vers l'océan Pacifique. Sur terre les particules radioactives sont retombées sur 24 000 kilomètres carrés.

Nathalie Fontrel

__

Lien image Interception Fukushima
Lien image Interception Fukushima © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.