Jean-Jacque Vies 1 (agriculture européenne)
Jean-Jacque Vies 1 (agriculture européenne) © Benoît Collombat

Jean-Jacques Vies, le lobbyiste français mis en cause par l’enquête belge, s’explique publiquement pour la première fois, afin, dit-il, de « mettre fin à l’hypocrisie. »

Cet homme de 56 ans au physique de rugbyman, aujourd’hui au chômage, ancien membre de la répression des fraudes, raconte, sans fard, comment il procédait pour décrocher illégalement certains marchés de la filière agricole, avec, selon lui, l’aval de sa hiérarchie. Une version contestée par son ancien employeur, le groupe coopératif agricole français, UNION INVIVO ainsi que le syndicat SYNCOPEX pour qui « Jean-Jacques Vies agissait de son propre chef », « sans instructions. »

15 octobre 2003. La vie de Jean-Jacques Vies bascule, au petit matin.

L’Office central pour la répression de la corruption de la police fédérale belge débarque à son domicile. Perquisition. Menottes aux poignets. Jean-Jacques Vies est immédiatement placé en garde à vue. Il sera incarcéré trois mois, dont trois semaines au secret.

Dans la foulée, des perquisitions sont également effectuées à Paris, dans les bureaux et au domicile de plusieurs dirigeants du groupe UNION INVIVO.

L’enquête confirme rapidement que Jean-Jacques Vies, représentant permanent à Bruxelles du syndicat SYNCOPEX (dont le groupe UNION IN VIVO est aujourd’hui le seul adhérent) « obtenait des informations sensibles » auprès d’un fonctionnaire hollandais, Karel Brus, de la Direction générale de l’agriculture, « en échange de commissions versées sous différentes formes dont la remise d’espèces, des déjeuners, des séjours et des cadeaux offerts à ce dernier. L’argent de la corruption provenait en partie ‘‘des frais de représentation et de mission ’’ accordées à M. Vies par SYNCOPEX, refacturés au ‘‘ Département Siège ’’ et au département ‘‘ Direction des Marchés ’’ d’UNION IN VIVO », résume une note de synthèse de la Division nationale des investigations financières (DNIF), datée du 26 juillet 2005.

Devant les enquêteurs belges, Jean-Jacques Vies commence par nier les faits. Puis, il change radicalement d’attitude quand il apprend les dénégations de sa hiérarchie sur l’objet réel de son travail. Se sentant ainsi « lâché », selon ses propres termes, l’homme accepte alors de décrire en détail son rôle de « lobbyiste » à Bruxelles pendant plus de 15 ans, de 1987 à 2004.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.