[EN DIRECT] Après un séminaire gouvernemental prévu ce matin, le Premier ministre doit annoncer publiquement les mesures retenues parmi les préconisations du rapport Gallois sur la compétitivité. La baisse des charges ne devrait pas être retenue.

Après des semaines d’attente, le gouvernement a levé le voile sur son « pacte de compétitivité » ce mardi matin. Les ministres ont reçu hier les recommandations de Louis Gallois, commissaire général à l’investissement. Ils ont décidé aujourd’hui, lors d’un séminaire gouvernemental sur la compétitivité, les mesures qui seront finalement retenues pour redresser la compétitivité de la France. Autrement dit, pour éviter que le déficit de la balance commerciale ne se creuse encore – ce qui signifie que la France importe beaucoup plus de biens manufacturés qu’elle n’en importe : "la balance commerciale, excédentaire de 17 milliards d'euros en 2002, était déficitaire de plus de 25 milliards en 2011", a déclaré le Premier ministre.

Le "pacte de compétitivité" selon Jean-Marc Ayrault, sera "une étape majeure dans la sortie de crise". "La France a besoin d’un nouveau modèle, qui la replace au cœur de l’économie mondiale. Ce nouveau modèle consiste à retrouver le chemin de la création d’emplois", a ajouté le Premier ministre.

Un crédit d'impôt à la place des baisses de charges

Dès hier lundi, Matignon avait annoncé que la proposition de reprise des recherches sur l’exploitation du gaz de schiste ne serait pas retenue par le gouvernement. Mais la véritable surprise devrait concerner la mesure phare : la baisse du coût du travail. Louis Gallois a proposé une réduction des charges entrepreneuriales à hauteur de 30 milliards d’euros ; dont 20 milliards portant sur les charges patronales et 10 milliards sur les charges salariales. Le tout financé par une hausse de la TVA ou de la CSG.

Comme France Inter l'avait annoncé dès ce matin, ce système n'est pas retenu par le gouvernement, qui préfère la mise en place d'un crédit d'impôt.

Ecoutez l'annonce de Jean-Marc Ayrault :

Les explications de Marion L’Hour :

Ce crédit d'impôt, représentant "une baisse de 6% du coût du travail", concernera les salaires compris entre une et deux fois et demi le montant du SMIC. Il s'appliquera au titre de l'exercice 2013, et devrait représenter 20 milliards d'euros d'ici 2015 (sous trois ans, plutôt que deux, comme le préconisait le rapport Gallois).

Hausse de la TVA à taux normal, baisse du taux réduit

Il sera financé à moitié par des économies supplémentaires. L'autre moitié du financement portera sur des ajustements de la TVA, a annoncé Jean-Marc Ayrault : à partir du 1er janvier 2014, la TVA à taux normal passera de 19,6% à 20%. Le taux intermédiaire, qui concerne notamment la restauration et les travaux de rénovation, sera relevé de 7% à 10%. Cependant, le taux de TVA réduite, pour les biens de première consommation, sera abaissé de 5,5% à 5%.

Le discours du Premier ministre s'est avéré être politique : Jean-Marc Ayrault a ancré son discours et ses propositions à gauche, affirmant que l'objectif est d'être "plus compétitif pour être plus solidaire, et non, comme le pensent les libéraux et la droite, être moins solidaire pour être plus compétitif". Le Premier ministre a également annoncé d'autres mesures, sans entrer dans les détails : elles concerneront principalement la compétitivité "hors coût", l'aide à l'innovation et à l'emploi. Jean-Marc Ayrault a promis des aides aux PME innovantes, à la montée en gamme des entreprises, ainsi qu'à la formation professionnelle et l'apprentissage. Objectif : revenir à l'équilibre commercial, à l'horizon 2017.

Dès l'annonce de ces nouvelles mesures, l'opposition a vivement réagi : l'UMP considère que le crédit d'impôt risque de devenir "une usine à gaz", une "niche fiscale" trop compliquée pour les entreprises.

La députée UMP et ancienne ministre du Budget Valérie Pécresse était l'invitée du journal de 13h de Claire Servajean :

Plus tôt dans la journée, Jean-Luc Mélenchon avait lui aussi critiqué le "pacte de compétitivité" du gouvernement sur France Info :

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