JEUNES ET DEJA BRISCARDS DE LA POLITIQUE

Par Laetitia Kretz. JDLP.

Thierry Marchal-Beck, 26 ans, président du Mouvement des Jeunes Socialistes, un discours rôdé. En face, Benjamin Haddad 27 ans, engagé à l'UMP depuis ses 18 ans, vu comme le poulain de Jean-François Copé. Portraits croisés de ces jeunes qui font aussi la campagne.

« Il faut imputer au président sortant son bilan »

Thierry Marchal-Beck, président des MJS.

TMB
TMB © Radio France / LKRETZ

Quelle est l’action des « MJS »?

« Il n'y a pas mieux qu'un jeune pour convaincre un jeune selon François Hollande. C'est la conviction par les pairs. Les 18 à 29 ans représentent 8 à 9 millions de personnes. Les 18-23 ans, les primo votants, sont un peu plus de 3 millions de personnes. Il faut les convaincre. Les jeunes adhérents appelés « volontaires du changement » sont les meilleurs porte-parole. Il y en a 25 000. Ils deviennent des « micro leaders d'opinion » dans leur classe ou dans leur famille. La publicité pour le MJS se fait souvent lors de soirées entre copains.

En quoi votre campagne est-elle différente de celle du parti socialiste?

Nous avons notre matériel spécifique, nos propres tracts, nos vestes avec « François Hollande génération changement », nos « clips board » pour prendre des contacts et des coordonnées. Il y a des lieux de vie particuliers aux jeunes, on doit y être. Le MJS fait du terrain et de la pédagogie pour expliquer le programme. Il fait de la formation également. A La Rochelle par exemple, sur l'inspiration des Obama Camp , nous avions installé une immense porte pour s'entraîner à faire du porte à porte. Pour le reste, le MJS est intégré à la campagne de François Hollande.

Avez-vous démarré la campagne il y a longtemps ?

Le vrai départ était la campagne d'inscription sur les listes électorales en décembre dernier. Nous étions dans les lycées, les campus ou les restaurants universitaires.

Quand les jeunes UMP nous attaquent, je n'ai que trois lettres : LOL.

Quelles sont les mesures prévues par François Hollande pour les jeunes ?

Il n'y a pas de mesure dite « jeune », ce serait du clientélisme. C'est absurde d’ailleurs. Faut-il une mesure verte pour les verts ? Une mesure violette pour les violets ? La politique de François Hollande permet de redresser la France et donc de redonner un avenir à la jeunesse. Cependant, certaines mesures les touchent directement. Par exemple, si l'encadrement des loyers est mis en place, il bénéficiera aux jeunes car ils sont souvent locataires dans de petits logements et changent d'appartement fréquemment.

Existe-t-il une rivalité avec les jeunes UMP ?

Nous sommes focalisés sur les lycées professionnels, les centres de formations, et les quartiers populaires. On ne croise pas les jeunes UMP là-bas. Eux gravitent autour d'universités bien particulières. Nos tracts sont tournés vers le dernier quinquennat parce qu'il faut imputer au président sortant son bilan. Ce qu'il a fait hier, c'est la garantie de ce qu'il fera demain. Il ne s'agit pas de s'en prendre aux « jeunes pop ». Quand les jeunes UMP nous attaquent, je n'ai que trois lettres : LOL. Ce qu'ils essayent de faire c'est dégoûter les gens de la politique.

Ne diabolisez-vous pas l'UMP ?

Je leur en veux vraiment. Je viens de Roubaix. Là-bas, il y eu 20% de participation aux dernières élections. C'est pour cela que je passe mon temps à militer sur le terrain. Je veux redonner l'envie d'y croire. Si le niveau de la campagne des jeunes UMP l'emporte, les Français feront potentiellement deux choses : déchirer leur carte d’électeur ou choisir le vote qui fait le plus mal, c'est à dire le Front National. Sortons du bac à sable maintenant...


« Un discours anti-Hollande, ce n’est pas un discours agressif »

Benjamin Haddad Secrétaire National de l’UMP chargé de la jeunesse

BH
BH © Radio France / LKRETZ

Quel est votre rôle au sein de l'UMP ?

Je ne suis pas l’homologue de Thierry Marchal-Beck, il s’agit de Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires. Je suis secrétaire nationale de l'UMP. Je passe moins de temps dans cette ambiance de jeunes militants.

Les jeunes sont-ils très présents à l’UMP ?

Jean-François Copé a fait entrer beaucoup de jeunes parmi les secrétaires nationaux. Il a promu six personnes de moins de 30 ans. Les secrétaires nationaux peuvent donner leur vision et agir sans être estampillé « jeune ».

Quelle est l’action des jeunes en ce début de campagne ?

Ils mènent une campagne à part qui s’adresse aux moins de 30 ans. Par exemple, la campagne de dérision sur le programme de François Hollande vient uniquement des Jeunes Pop et s’adresse aux jeunes. Ils sont très actifs pour mobiliser, en particulier sur les réseaux sociaux. Les secrétaires nationaux, eux, ont vocation à se déployer sur le terrain. Lors de mes déplacements, je fais de la formation sur notre bilan dans l’enseignement supérieur, sur la loi Pecresse, sur l’autonomie des universités, ou encore sur l’apprentissage. Il s’agit aussi de faire remonter les impressions de la base à Jean-François Copé.

Un discours anti-Hollande, ce n’est pas un discours agressif.

Existe-t-il une rivalité avec le MJS ?

Nous sommes souvent amenés à débattre entre jeunes responsables mais sans haine ni violence. Nous respectons tous le principe de l’engagement. Un discours anti-Hollande, ce n’est pas un discours agressif. Nous l’attaquons sur son programme, ses ambiguïtés, ses décalages avec la réalité ou même sur la capacité de l’homme à gouverner. Ce sont de vraies questions. Dans une campagne, il faut une partie riposte, une partie promotion du bilan, et une partie défense de nouveaux projets. Comme nous n’avons pas encore de candidat déclaré, nous sommes surtout dans une phase de riposte et ce sont des points sur lesquels on ne lâchera pas, mais il s’agit de fonds. On s’interroge sur les 60 000 créations de postes dans la fonction publique et sur les 150 000 emplois jeunes par exemple.

Quelles sont les mesures phares de Nicolas Sarkozy concernant la jeunesse ?

Certaines mesures importantes du quinquennat concernent les jeunes. La réforme des universités vise à faire émerger des vrais campus à l’échelle internationale avec plus de liberté, plus de moyens et plus de relations avec les entreprises. Le soutien aux filières d’apprentissage permet de faciliter l’accès à l’emploi. L’un des objectifs de Nicolas Sarkozy est d’arriver au même nombre d’apprentis que les Allemands. Aujourd’hui, il y a 600 millions d’apprentis en France contre 1,5 millions en Allemagne. Là-bas, le chômage des jeunes est inférieur à la moyenne nationale. Les réductions de charges permettent aux PME et TPE d’embaucher. On est loin du discours socialiste qui consiste à faire des mesures spécifiques obéissant à une logique d’assistanat de la jeunesse. Nous faisons le pari de jeunes qui veulent être traités en adultes.

Que feront les jeunes UMP si Nicolas Sarkozy n’est pas réélu ?

Si le président Sarkozy ne passe pas, nous resterons à l’UMP et nous préparerons les prochains combats.

Portraits, itw et écriture par Laetitia Kretz. JDLP

Mots-clés :

Derniers articles

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.