Il arrive très tôt à France Inter, vers 8h 30, accompagné de sa femme Jemia et de l'attachée de presse de Gallimard. Patient, il s'assoit et pose des questions sur la radio. "De combien d'étages disposez-vous dans cet immeuble? En quelle année France Inter a t-elle été créée?" Souriant et discret, Jean Marie Le Clézio prend l'ascenseur vers 9 heures, très "sport", sweet bleu marine, tee-shirt blanc, jean et baskets blanches. Evidemment, il faut le prévenir qu'une ou deux questions concerneront l'éventualité du Nobel de littérature, même si le romancier vient promouvoir son nouveau roman, "-Ritournelle de la faim". Il sourit à nouveau. "Je vous répondrai! Mais vous savez, je crois plus à Philip Roth qu'à moi..." Durant l'interview d'"Esprit critique", l'auteur de "Désert" précise que s'il décrochait le Nobel de littérature, il ferait un discours sur la difficulté d'être édité quand on est un jeune écrivain, notamment celui qui écrit en créole et cherche à se faire traduire en français. Mais aussi sur l'imbécilité des taxes sur les livres et sur la relativité du système éditorial... Quant à savoir si ce prix littéraire l'inscrirait dans l'Histoire, il calme le jeu : "Vous savez, à long terme, nous sommes tous morts; à moyen terme, on a des difficultés. Donc, tout cela est relatif..."Malgré tout, Le Clézio donne le sentiment d'être confiant et entre deux réponses, il jette un coup d'oeil à sa femme. A 9 heures 30, le futur Nobel repart calmement, promettant de répondre aux journalistes l'après- midi au cas où, puis de rejoindre, en baskets, ses "caches secrètes". Gentiment, il remercie Juliette, l'attachée de production chargée de l'émission, d'un aimable : "Bonne chance, Juliette!". 4 heures plus tard, c'est à lui que la chance sourit, à lui, romancier depuis 45 ans.

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Anne Audigier/RF © Radio France
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