Résumé : Patrick Devedjian, Ministre inutile de l’inutile relance, vient de rencontrer Eric Woerth, Ministre dépité du Budget. Titre 3. Les pauvres aideront les pauvres Or il apparut que la récession impliquait un manque à gagner de 14 milliards d’euros pour le gouvernement. La Tva ne rentrait plus. L’effondrement du prix pétrole avait baisser les rentrées de la TIPP. Et les entreprises payaient 5 milliards d’euros de moins d’impôt sur les bénéfices. Cependant les niches fiscales avaient augmenté de 23 milliards d’euros de 2003 à 2008. Fallait-il y toucher, comme avait promis le président ? Non, évidemment ! On n’allait pas toucher au bouclier fiscal, aux dégrèvements d’Isf, et aux fastueux cadeaux permis par la loi TEPA (Travail-Emploi-Pouvoir d’Achat). Le pouvoir d’achat, lui, était en régression nette pour la première fois depuis l’après-guerre, et l’INSEE prévoyait un chômage à plus de 8% en milieu 2009. « Que faire ? » demanda Woerth, grand lecteur de Lénine ? « Rien » dit Devedjian. Il n’était donc pas question de donner un sou de plus pour la relance. Cependant, les entreprises profitaient de la crise pour dégraisser par anticipation. Du temps où elles faisaient des profits, elles licenciaient, comme Michelin, par peur d’en faire moins, et maintenant elles licenciaient parce qu’elles en faisaient moins. En tête du dégraissage, l’automobile : Renault, PSA, Valéo, et tous les équipementiers plus ou moins liés, Faurecia, Molex, Tyco etc. La pharmacie licenciait aussi, Sanofi-Aventis, Pfizer et d’autres. Comme on faisait remarquer au Ministre inutile que les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 allaient progresser encore de 6% cette année, il répondit : « Pas de démagogie s’il vous plait ! » Et comme on ajoutait que les licenciements d’Arcelor Mittal n’avait pour but que de dégager du cash, et ceux de Pfizer d’accroitre la rentabilité : « Mieux vaut des entreprises avec du cash et rentables que sans cash et pas rentables ! » Tout le monde se tut, émerveillé de tant de sagesse. Dans son discours des vœux, le Président n’avait pas dit un mot sur le pouvoir d’achat, ce que l’opposition ne manqua pas, dans sa démagogie politicienne, de souligner. Mais il parla du RSA, revenu de solidarité active, et de la « solidarité » nécessaire. Christine Lagarde fit un bilan des contrat aidés : 330000 postes budgétés en 2009. « Trop peu, dit Eric Woerth, au vu de l’explosion du chômage qui se prépare ». « Beaucoup trop » dit le Ministre inutile. « Il faut toujours compter sur la solidarité des pauvres envers les pauvres. Plus les pauvres sont dans la merde, plus ils se démerdent. » Christine Lagarde battit de ses grands bras et faillit s’évanouir de joie devant tant de perspicacité. Cependant le Président tenait toujours à sa grande idée du « commerce pour tous ». La Loi Royer limitant l’implantation des grandes surfaces allait être abrogée, et celles-ci pourraient enfin s’installer dans les centre-villes. Ou mettront les centre-villes ? « L’idée de placer le centre des villes à la périphérie est bonne » dit-il. « Il faut rapprocher les Français de leurs commerçants » titra le Figaro avec enthousiasme (1). Et comme on lui faisait remarquer que les parcs de loisirs avaient vu leur fréquentation exploser en 2007 et 2008 : « Voyez bien, qu’ils gardent le moral ! » Les banquiers restaient discrets, mais comme le livret A avait été généralisé à toutes les banques au premier janvier, et que les Français adoraient ce placement pépère, il était temps d’intervenir. Sur proposition des patrons des grandes banques, Christine Lagarde divisa la rémunération du livret A par deux. De 4%, elle passa à 2%. « C’est dégueulasse ! » tonna démagogiquement l’opposition. « Manquerait plus qu’on paye leurs quatre sous mis de coté... » maugréa Baudoin Prot, patron de la BNP. (1) Le Figaro 3-4/1 /2008 (A suivre)

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