Journal de la crise économique. Résumé des chapitres précédents : Tandis que Patrick Devedjian, inutile ministre de la relance inutile et Eric Woerth Ministre du budget enfument les sénateurs à la Commission des finances, Michel Cicurel, président de la compagnie financière Edmond de Rothschild dénonce le système Madoff. 4. Uncle Bernie Madoff, Cicurel et les gogos. Or il apparut qu’en ces temps de crise les banquiers devaient relever la tête, et Michel Cicurel, président de la Cie Financière Edmond de Rothschild s’y colla : « Banquier et fier de l’être ! » dit-il au JDD (1). « En France, fille aînée de l’Eglise et de Colbert, on aime bien taper sur les banquiers... Mais la crise est d’abord une faillite des régulateur. » Elémentaire : si vous ne nous aviez pas laissé vous cocufier, vous ne porteriez pas des cornes. A propos de l’escroquerie Madoff : « J’ai découvert son nom dans la presse. » Et bien entendu, la faute à la SEC, le gendarme de la Bourse américain. Par ailleurs Cicurel se marre : « Simplissime le système Madoff, élémentaire ! » Bref, tous des cons sauf lui. Michel Cicurel, lui, a vendu tout son portefeuille boursier en automne 2006. Preuve qu’il est assez prudent, et n’a qu’une confiance modérée dans la gestion de sa propre compagnie financière, qui investissait au travers des fonds vendus aux clients dans du madoff, contrairement à ce que dit son patron, du Madoff. Au total, les clients n’auraient perdu que 40 millions d’euros ; mais nombre de clients ont été avertis récemment que, bon, on a quelque miettes de Madoff ici ou là, ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas aussi plombés que cette pauvre Madame Bettencourt qui a perdu des dizaines de millions 200 millions , mais vous perdez quelques milliers. Joyeux Noel. Michel Cicurel « espère que l’escroquerie ne touchera pas trop de petits porteurs. Et voler les associations de sa propre communauté... » alors ça, c’est vraiment vilain. Voler les autres, c’est déjà pas bien beau, mais les siens ! Si l’on regarde les résultats de la Cie Financière Edmond de Rothschild Asset Management pour l’année passée, aimablement fournis par elle, ils sont catastrophiques : les quinze fonds gérés plongent tous, entre 30 et 55%, la plupart chutant autour de 50%. Encore bravo au patron de s’être tiré à temps. Maddof (2), ancien maître nageur et placier d’extincteurs, puis patron du Nasdaq agissait en famille, avec ses fils, frères et beau-frère, lequel « contrôlait » les comptes, c’est-à-dire interdisaient à quiconque d’approcher. Le club Madoff était raffiné et fermé. Le gérant de la fortune de Madame Bettencourt, ex-commissaire aux comptes, membre du Jockey Club était des heureux élus. Il ne lui est jamais venu l’idée de mettre son nez dans le mic-mac madoffien ; pas plus qu’au malheureux de la Villehuchet, suicidé pour avoir perdu non seulement toute sa fortune mais celle de ses heureux amis. Mais Maddof n’agissait pas seul : il avait tout un système de rabatteurs (les copains qui font venir les copains dans le club hyper chic fermé) grassement rémunérés pour la chose. Ils touchaient 1 à 2% par an sans rien faire sur les sommes amassées (celles des associations par exemple) et 20% sur les profits. Un banquier parisien avouait que sa banque ayant rencontré Madoff il y a un an, n’avait pas jugé le système totalement clair. Les comptes des clients n’étaient donc pas allés sur du Madoff. Mais, lui, à titre personnel, avait trouvé Madoff tellement classe qu’il y avait mis une partie de ses billes ! Baudouin Prot, le patron de la BNP, plombée à hauteur de quelques 300 millions, a du trouver l’Uncle Bernie « so cute and so smart... » (A suivre) Uncle Bernie (1) 21/12/2008 (2) lire l’article de Pierre de Gasquet dans les Echos 7/01/09

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