910 Journal intime Edgar Morin dans le texte Dans Libé, Edgar dit que « la direction de l’URSS a cru candidement au message des Chicago Boys » ! Candidement ! La canaille s’est vite révélée, au sein du PCUS. Les oligarques sont simplement les dirigeants qui ont compris qu’ils pouvaient faire main basse sur le capital public. Les Chicago Boys en question avaient un nom : Laurence Summers, l’actuel chef des conseillers d’Obama, président de Harvard, qui disait du temps qu’il travaillait à la Banque mondiale que les déchets du Nord devaient être entreposés au Sud « car la vie y a moins de valeur » (authentique). Le rackett sur l’URSS organisé a provoqué un effondrement de l’économie et une explosion de la violence. Autrefois on emprisonnait les opposants, aujourd’hui on les tue. Les « Chicago Boys » s’expriment toujours : dans « Les Echos » du 27/11, Pascal Salin, le libertarien illuminé, continue de réclamer la privatisation de la Sécu. Même Guy Sorman s’est calmé, tellement l’expérience de la privatisation de l’URSS est effroyable. Une bonne nouvelle dans l’effondrement de l’URSS : la production ayant dégringolé, l’émission des gaz à effet de serre a suivi. Du bon effet de la décroissance forcée. Penser l’après capitalisme. « Eco Rev » est une belle revue. Elle a toujours acceuilli Morin. Elle propose un numéro sur André Gorz, qui décida il y a peu de se suicider avec son épouse. «Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.» Un beau suicide stoïcien, à la romaine ! Deux jours avant la mort du couple, une amie appelle Gorz et lui propose un rendez-vous. « Désolé dit Gorz en riant, je dois partir en voyage ! » Gorz avait débuté à l’Express comme journaliste économique, puis fondé le Nouvel Obs avec Jean Daniel sous le pseudo de Michel Bosquet. Il reste le grand théoricien de l’écologie politique « Ecologie et politique », Paris, Gallilée, 1975). Pensent l’après capitalisme Geneviève Azam (Attac), Yann Moulier Boutang, René Passet, Jean Zin et j’en passe et des meilleures. J’ai un faible pour Geneviève, connue à Toulouse, major de promo en éco si je me souviens bien. René, Attac aussi, est le grand économiste de l’écologie (Son livre majeur : « L’économique et le vivant »). On m’a dit qu’il préparait un énorme kolossal bouquin à coté duquel « Das Kapital »... Bref. De Yann Moulier-Boutang je garde le souvenir d’une soirée dans un Forum social, où il nous fit, à Poirot-Delpech et ma pomme, un topo sur l’économie de l’immatériel assez fabuleux. Un homme qui a édité Althusser ne peut pas être tout à fait mauvais, même si « althussérarien » comme on disait autrefois... Reste qu’il faut penser l’après capitalisme, on n’a pas le choix. Où on trouve, ou on meurt. Gorz laisse à croire que l’après-capitalisme a quelque chose à voir avec une réflexion sur la mort... Oui. Gébé Comment penser, sinon en s’arrêtant ? L’An 01 est le film du siècle. Gébé proposait la seule attitude cohérente dans un monde qui court à sa perte : on fait un pas de coté, on sort de la roue du hamster, on réfléchit, et c’est pas triste ! La dernière fois que j’ai vu Gébé, c’était avec Cavanna. A l’hosto. On lui avait coupé je sais pas trop quoi du coté du poumon. Il nous a avoué, avec un grand sourire, qu’il en avait marre. En sortant, Cavanna m’a dit : « C’est le meilleur. C’est lui le plus grand.» L’ An 01 fut encensé par Bory au « Masque et la plume ». Un peu plus tard, Bory se tirait une balle. Gorz, Bory... Gébé disait : « Je me fous du capitalisme, mais je ne fous pas qu’il me menace. Or il me menace. Et il ne s’agit pas de mon bonheur : le bonheur peut être celui de Vitellius, de Stakhanov, ou de Rimbaud et de Mallarmé (et pour ces deux zozos il s’agit plutôt de malheur). Non : le pire est que le capitalisme menace mon humanité. » J’ai jamais oublié cette phrase. Vitellius était le romain gras du bide qui passait son temps à bouffer. Staknanov le connard qui faisait du zèle pour plaire à son tyran. Consommer, travailler, les deux tares de cette société. Je sais désormais que le capitalisme menace ma part d’humain. Copenhague. 1974 : René Dumont est candidat aux présidentielles. 35 ans ont passé, et la destruction du monde s’accélère. 2009, des chefs d’Etat se réunissent pour quoi ? Pour rien. Qui oserait dire : « Mais arrêtez, bon dieu, arrêtez tout ! vite ! » Où courrez-vous ? pleure Anna Karénine à la fin de son roman... Chômage Le taux de chômage augmente, le nombre de chômeurs augmente, hélas la croissance n’est pas au rendez-vous, il faudrait au moins 1.5 point de croissance pour etc. Quand j’entends le mot croissance, je sors mon masque à gaz. Cela dit, le gouvernement a complètement échoué dans sa lutte contre le chômage. Il a baissé les impôts des riches, ça n’a pas créé un emploi. Il a foutu en l’air les 35 heures, ça n’a pas créé un emploi, au contraire, les heures sup ont aggravé le chômage. La loi sur la modernisation du marché du travail ? effet zéro. La rupture conventionnelle des contrats de travail ? les types partent encore plus tôt en pré-retraite, ça côute la peau du cul. La réforme de la représentativité syndicale ? Sont encore plus favorisés la CGT et la CFDT et sont niqués les petits syndicats comme Sud. La fusion Unedic-Assedic ? Zéro effet. La flexicurité ? Nada, les français sont les plus inquiets d’Europe en matière d’emploi. La TVA sur la restauration ? Tout dans la poche de Daguin (2 milliards, excusez du peu) et pas un emploi créé. Nuls, ils sont nuls. Dubaï La faillite de Dubaï ! Dubaï c’était le vomi de l’horreur économique étalé sur du sable, dans ses tours gigantesques, ses îles artificielles pour milliardaires, et gardées par des armées de policiers privés, ses pistes de ski sous le soleil... A Dubaï vous flottiez dans la crème au beurre, le sirop, le chou à la crème, vous vous noyiez dans la sauce béchamel. Dubaï la gloutonne. Dubaï n’est pas en faillite, car l’Etat gère les pétrodollars des Emirats. Que ces émirs, de leur fortune, n’aient été capable de comettre qu’un Dubaï, c'est-à-dire un super Disneyland pour gras du bide et du portefeuille, en dit assez sur la « civilisation » de ces bédouins en burnous blanc qui, par le plus grand des hasards, sont nés entre deux chamelles affalées sur du pétrole. Il paraît que les banques françaises sont légèrement plombées à Dubaï ! On imagine des Bouton (Société Générale) ou des Prot (BNP) s’extasiant devant les projets immobiliers de Dubaï, des projets « pharaoniques » qui leur ressemblent, pauvres pharaons des salles de marché ! Nota bene : selon la Bundesbank, les banques allemandes sont encore plombées dans les actifs toxiques à hauteur de 80 milliards d’euros. Multipliez par 4, et vous aurez le vrai chiffre. Au fait : les agences de notation, qui dézinguent Dubaï aujourd’hui, n’avaient évidemment rien vu venir ! J’imagine que Dubaï les arrosait suffisamment.

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