Journal intime 9 Catherine L’idée d’être illustré par Catherine... Mmmm !! Jeune, drôle, adorant la littérature, pas cuistre pour un kopeck, jambes interminables, mais le cheveu un peu sombre pour moi. Arte Gros débat sur Arte organisé par PPDA avec un tas de participants : Copé, Chérèque, un patron allemand de Grosse Poîte, un patron allemand de Bétite Poîte, la patronne de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, l’équivalente allemande de Nathalie Arthaud, Xavier Renou du collectif « Re-actions citoyennes » formateur à l’action non violente directe, plus divers « témoins » de Gandgrande, Caterpillar, Molex, et d’autres, suédois, allemands, espagnols etc. Thème : La Révolution et l’action violente sont-elles à nos portes ? Et oui ! Après toutes ces séquestrations, se pose l’haletante question, sommes nous en 1848, 1905, 1917, ou simplement en 1870 avec les Versaillais prêts à fusiller ? D’emblée, Copé et Chérèque attaquent sur les casseurs, les gentils légaux, les méchants illégaux. Petit quart de bémol pour Chérèque (et huitième de bémol pour Copé), oui, les « gens » sont désespérés. Or qui dit désespoir dit souffrance. Et qui dit souffrance, dit désespérance, voyez ? Chérèque ajoute tout de même quelque chose qui fout froid dans le dos : les « gens » (j’adore quand l’élite parle des « gens ») ne se battent même plus pour leur emploi, mais pour avoir une petite indem’, sachant bien qu’ils ne retrouveront pas d’emplois. La situtation est grave. Un des gars de la salle fait remarquer que ça n’a rien à voir avec les parachutes dorés ou les retraites chapeaux, remarque jugée « facile » par le gros patron de la Grosse Poîte. Copé avec sa faconde sympathique, dit qu’il est prêt à dialoguer avec tout le monde, Chérèque répond aussitôt « Présent ! », et c’est là qu’intervient Renou - le gars qui organise des stages pour résister aux flics en douceur - sourire aux lèvres et nerfs en pelote. Il pilonne Copé sur le thème : hableur, bluffeur, barratineur des média, bande du Fouquet’s. « Moi, je ne suis pas de la bande du Fouquet’s et jamais dans les médias ! » Réponse de Copé, décidément très habile : « Vous êtes meilleur que moi. Votre sketche est excellent. Vous pouvez le présenter sur n’importe quel plateau télé, bravo, on se lève et on applaudit. » Renou ne se laisse pas démonter et en remet une couche sur la bande du « Fouquet’s » pleine aux as qui dirige la France, comment voulez-vous que ces gaziers comprennent les luttes ? Copé, ravi, contre-attaque sur le thème : « Vous êtes un violent, vous ne voulez pas dialoguer avec moi. » PPDA, une cinquantaine de fiches sur les genoux qu’il jette au fur et à mesure, interrompt la saynète. Intervient alors le patron de la Grosse Poîte, d’une connerie stratosphérique. Jamais entendu autant d’âneries en si peu de temps et sur un espace aussi réduit. Et que le marché est bon, et que l’Etat intervient trop, et que l’intervention de l’Etat crée du chômage, et que le capitalisme est bon pour tous les humains de la terre, et que tout le reste n’est que démagogie, et que les français sont indisciplinés (authentique). Petit intermète Nathalie Arthaud : Copé copain des patrons. Passage aimable du petit patron allemand (sympa, genre, nous les petits on est des gentils, les gros sont des salauds), quand soudain une espagnole attaque sur le thème : « C’est la destruction créatrice, c’est le darwinisme, les plus forts survivent, les plus faibles meurent, olé ». Réplique immédiate d’un philosophe réunionnais : la morale, l’humanité, la société, la résilience, Kant. Bref, deux heures plus tard, PPDA me demande une synthèse rapide et repose la question : « Alors, la révolution approche ou non ? » Peut-êt’ ben qu’oui, peut-êt’ ben que non, vous savez, nous les économistes, on voit pas grand-chose ! Brodsky Alain Fillola, Maire de Balma, organise chaque année les « Rencontres du livre et du vin ». Quelle belle idée ! Inutile de dire que ça papote et ça piccole ! Mes deux auteurs préférés, bien qu’annoncés, ne sont pas là. Marie Didier « Morte saison sur la ficelle » Gallimard ; Marie, l’une des plus belles filles de Toulouse ; et Christian Authier : « Une belle époque » (Stock). Authier est connaisseur de vins. Déniche d’incroyables pinards écolos et délicieux. Pas là non plus. En face, Rouaud, taciturne. Alain Mabanckou à droite, Jean Métellus, poète, médecin neurologue « Braises de Mémoire », les Editions de Janus, à gauche. Je lis « Collines » de Joseph Brodsky, très aimé de Métellus. Pourquoi parler de Brodsky ? Parce qu’il fut condamné pour « parasitisme social et fainéantise » à cinq ans de travaux correctifs par les cocos. Comme il s’appuyait contre le mur pendant l’interrogatoire, la juge lui colla un an de plus. Qu’est-ce qu’un parasite social ? Bouton est-il un parasite social ? Oui. Kerviel ? Oui, malgré ses douze heures de travail par jour. Le videur de boîte ? Copé ? Le flic du coin ? A voir. L’épicier arabe ? Non. A quoi reconnaît-on quelque chose d’utile ? « Tout ce qui est utile est laid » (Théophile Gautier) Alors, Brodsky est incroyablement inutile. Et pourtant, il me semble aussi nécessaire que l’air qu’on respire. Grippe L’avers de la mondialisation : la circulation des virus. En 1720, le Grand Saint Antoine arrive à Marseille de Smyrne, la peste à bord. Que faire ? Quarantaine, disent les autorités ; décharger pour la foire de Baucaire dans quinze jours, disent les marchands, qui payent des médecins de Montpellier pour démontrer contre l’avis des médecins de Marseille qu’il n’y a pas la peste. On décharge. 50000 morts. Le marché a gagné. « Vive la Malbouffe ! » De Christophe Labbé, Jean-luc Porquet, Olvia Recasens, livre joyeux et plein d’humour, bourré d’infos de pcb et d’ogm, illustré par Wozniak, aux Editions Hoebeke. Vous croyiez que vous bouffiez de la merde ? Si vous saviez ! Si vous saviez, mes pauvres amis !! Un livre à offrir à tous les restaurateurs de France qui vont nous coûter 3 milliards d’euros pour ne pas baisser les prix, ne pas embaucher, et continuer à dire du mal de l’Etat.

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