913 Journal intime Pourquoi fumes-nous marxistes ? Hold up du Nord S’il y en a qui ne sont pas vraiment contents du concept, c’est bien les gars de la « Décroissance », le journal de la joie de vivre (n° déc-janvier, 2 euros seulement) ! Ils se méfiaient du Grenelle de l’Environnement, et se méfient naturellement de Copenhague. Ils n’ont pas tort. En décidant unilatéralement de prendre comme point de départ leur niveau de vie, les pays du Nord ont fait un véritable hold-up sur la nature qu’ils ont gâché. Ils ont entériné leur vol. Ayant détruit et pollué ce qu’il y avait à détruire, ils décrètent maintenant qu’il faut aller en arrière. Mais si les autres, les pays du Sud, vont aussi en arrière, l’écart entre le Nord et le Sud restera identique ! Un américain a une empreinte écologique 20 fois supérieure à un indien, et en admettant que le protocole de Copenhague soit signé par tous les pays du monde dans sa forme la plus dure (ce qui n’arrivera pas, rassurez-vous) c'est-à-dire : 80% de moins de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990, un américain aura toujours une empreinte vingt fois plus forte qu’un indien. C’est Roger Guesnerie qui fait remarquer ça. Guesnerie est un dur de dur, un économiste mathématicien, tenant des brutales théories de l’équilibre à la Walras qui polluent la pensée économique depuis plus de cent ans et ont valu nos rares prix dits Nobel d’économie (Allais et Debreu). Et pourtant il a compris quelque chose d’essentiel : on ne peut pas construire un marché en partant des données présentes. Si l’on veut faire un vrai, juste marché des droits à polluer, il faut donner autant de droit à chaque humain. Ainsi un sénégalais sur son zébu pourra échanger ses droit à polluer avec un parisien à 4X4. Autrement dit, un homme en vaut un autre, eu égard à la nature, et à ce bien supérieur appelé « survie ». Même dans sa forme la plus forte, Copenhague sera une escroquerie du Nord vis-à-vis du Sud. Allègre Tous les jours, partout, Allègre qui se plaint qu’il est interdit de média. Jamais parole n’aura été autant colportée que celle d’Allègre qui dit : Groenland veut dire terre verte, donc le Groenland était cultivable, donc il fait plus froid qu’il y a mille ans, donc l’homme ne réchauffe pas. Absolument admirable comme raisonnement. Que veut Allègre ? Dix fois plus de centrales nucléaires, dix fois plus de kilomètres d’autoroute et de bagnoles sur ces kilomètres pour transporter des gens heureux dans d’heureux embouteillages ? Euro La faillite de la Grèce... Il est probable que la Grèce a truqué ses statistiques pour entrer dans la zone euro. A dire vrai, dans un pays ou 40% de l’économie relève du marché noir, ou la fraude fiscale est la norme et le paiement de l’impôt l’exception, comment ne pas truquer ? Reste qu’aujourd’hui la capacité à emprunter de la Grèce se trouve dégradée par celles là même qui n’ont pas vu arriver la crise, pour la simple raison qu’elles sont payées par les institutions financières qu’elles devraient noter : les agences de notation. La Grèce peut emprunter à 6 ou 7%, et difficilement, alors que les banques centrales ont refilé des tonnes de crédit à taux zéro aux intermédiaires financiers par qui la crise était arrivée. La Grèce est pénalisée par un euro surévalué. Son économie pourrait souffler avec une petite dévaluation, mais le traité de la zone euro le lui interdit et interdit à quiconque de lui porter secours. Le FMI avait été créé pour ça : dans une zone dollar stable, les économies en difficulté temporaire pouvaient dévaluer et recevoir des fonds du dit FMI. L’idéal serait que la BCE prête à la Grèce – la BCE ne s’est pas privé de prêter à la Grande Bretagne et à l’Irlande. Une zone monétaire où il n’y a pas de solidarité entre les pays est inadmissible. Peut-on admettre que la France, par exemple, laisse tomber la Bretagne si celle-ci est en difficulté ? Il n’est pas dit que la zone euro n’éclate pas. Tout dépend des variations à la hausse du taux de stupidité du sieur Trichet Bonus Gordon Brown taxe à 50% les bonus des agents de la City au-delà de 25000 livres sterling. Mesure prise pour un an, renouvelable. Il faut dire que les anglais en avaient gros sur la patate : ayant refilé 850 milliards de livres à leurs banques pour les sauver, ils voyaient d’un mauvais œil se profiler un méga arrosage, comme aux Etats-Unis, où Goldman Sachs a mis de coté 16.7 milliards de dollars pour payer ses gros salariées et traders (mais pas en cash ; en actions). Cris de cigogne de Lagarde : la mesure va tuer l’attractivité de la City ! Surtout pas faire pareil en France ! La mesure ne tuera rien, rapportera trois sous et deux pincées de morale. Précisons que la mesure ne touche pas les hedge funds, et ne concerne que 10% des effectifs de la City. Eric Eric L, HEC, trader, patron, de gauche. M’écrit que les Scop c’est bien joli, mais qu’une entreprise c’est des risques, des décisions et un certains nombres d’actes, comme l’investissement exigeant un chef. Je suis assez d’accord, c’est pourquoi je ne serai jamais chef. Si la Scop n’est ni l’alpha ni l’oméga, comment travailler ensemble, Eric ? Comment être anar et militaire (problème des anars pendant la Guerre d’Espagne) et comment être anar et salarié ? Et comment être anar sans être un passager clandestin de quelque chose, l’entreprise ou la société plus simplement ? Riss, me faisant bosser en ce moment sur « Le Capital, suite et fin » m’oblige à de métaphysiques questions. Hold up Copenhague est-il un hold-up sur la pensée écolo ? Un fabuleux retournement de situation du niveau de celui qu’a opéré la pub en récupérant la liberté de Mai 68 ? Borloo est-il le Séguéla de l’écologie ? Livres « Lire le Capital » d’Althusser. Effroyable, il n’y a pas d’autre terme. Déjà le titre fout mal à la tronche. Pourquoi ai-je été marxiste ? En revanche, le vieux père Marx a conservé sa fraîcheur. Je reste donc marxiste tendance économiste, je pense encore qu’on n’a jamais écrit rien de meilleur que le Capital, mais je ne comprends plus les « forces productives », la « lutte des classes » le « sens de l’Histoire » etc. Sans doute mérité-je le goudron et les plumes. Et puis me voilà donc dans les « Mémoires » de Churchill (t1, Taillandier), et « Les coups tordus de Churchill » de Bob Maloubier, Calmann-Lévy. A part ça je relis Jan Karsky de Haennel, chez Gallimard. En pleine poire pour la seconde fois. Ainsi Churchill, lui aussi, savait...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.