Journal intime d’un économiste en crise 12 Charb Charb a été très ferme : « Oncle Bernard, tu donnes de l’info, ok ? de l’info ! » La première info est que Charb aime l’info. Deuxième info : Charb illustre « Marx mode d’emploi » de Daniel Bensaïd (Editions zones), j’espère que cette petite turlutte lui fera plaisir. Troisième info : je l’ai pas lu, mais il est au sommet de la pile, au-dessus de « L’hypothèse communiste » (Badiou), « La crise de trop » (Frédéric Lordon) « Sortir de la crise globale » (Attac) « Les crises du capitalisme » (Karl Marx) plus une dizaine d’essais dont « Le fascisme » de Michela Marzano (Larousse). La Marzano ayant de beaux yeux, je commencerai galamment par elle. C’est ça l’analyse économique. La déflation menace Donc les banques coupent le robinet du crédit, malgré les recapitalisations, malgré le FSI, malgré le médiateur du créit, malgré le fait que les banques centrales (européenne et américaine) aient à peu près doublé la masse de liquidité injectée sur les marchés, baissé le loyer de l’argent, et accepté des susdites banques quantité de créances pourries. La seule sortie est la nationalisation du système bancaire, mais les banquiers ne veulent pas car ils seraient moins bien payés. En attendant, les entreprises vont directement sur le marché, sans passer par les banques. EDF, Danone, Arcelor-Mittal, Lafarge, Saint-Gobain, Suez-environnement vont directement sur le marché monétaire, ou procèdent à des augmentations de capital (émettent des actions). EDF cherche auprès des particuliers un milliard d’euros rémunérés à 4.5% (correct, avec un taux du livret A à 1.7) Pourquoi ? Pour se constituer un petit matelas en cas de baisse prochaine de l’activité. Donc les grosses entreprises anticipent non seulement un alourdissement de la crise, mais le fait que les banques n’arriveront toujours pas à nettoyer leurs bilans, et dès lors resteront parcimonieuses. Pendant ce temps « Les Echos » racontent que les chefs d’entreprises estiment que le pire est derrière eux, en interrogeant un panel de 509 chefs d’entreprises de plus de cinq salariés. Plutôt un panel de petites entreprises. Les éternels cocus. Petits entrepreneurs, les gros engrangent des noisettes, on vous dit ! En 1935, la France hérita d’un des personnages les plus nuisibles dans la longue histoire de nuisances : Pierre Laval. Il décida que le pays n’était pas assez compétitif, et qu’il faillait tailler dans les dépenses publiques pour restaurer la compétitivité. On croirait du Christine Lagarde. Il tailla en particulier dans le budget de la défense, ce qui en 1935 était particulièrement judicieux. Et toutes les dépenses publiques, toutes, furent abaissées de 10% ! Clac ! La déflation Laval. Un chiffre, et on est content. Aussi bête que l’idée de diviser par deux le nombre de retraités remplacés. Résultat : la France s’enfonce dans la dépression, les programmes militaires sont interrompus, rétablis par le Front popu qualifié de « belliciste ». Marrant, cette métempsychose des nuisibles : Laval, Trichet, Lagarde... General Motors en faillite Donc GM dépose le bilan. GM avait proposé une nationalisation, mais les actionnaires préfèrent une faillite, qui, espèrent-t-ils, les remboursera un peu mieux. GM doit quelques 27 milliards de dollars. Fermeture de 14 sites aux Etats-Unis, cession des marques Opel et Saab, la plus grosse entreprise du monde en 1950 va maigrir. Elle paye la politique systématique de soutien aux banques de Bush puis Obama : pas question de perfuser sans résultat et les banques, et l’automobile. Elle paye aussi le système social américain. Comme il n’y a pas de sécu aux Etats-Unis, ce sont les entreprises qui la payent à travers les retraites et la couverture santé des salariés. C’était la rubrique : la Sécu nous coûte trop cher. Oncle Bernard

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