Mangez des marrons, la crise continue ! Syndicat du livre A Inter, après le débat du Vendredi, Dominique Seux et moi-même interpellons le patron du syndicat du livre Laurent Jourdas, sur le point d’être interrogé par Audrey Pulvar. Le syndicat, qui représente les salariés de SPPS (Société de Presse Paris Service) empêche la parution de Charlie depuis deux semaines. Pour Charlie, c’est une catastrophe, c’est peu de le dire. La SPPS emploie 287 salariés. Depuis sa création en 2004 elle a nécessité l’injection de 150 millions d’euros. Elle perd 2 millions d’euros par mois. La discussion avec Jourdas est difficile. Il dit : « Vous, la presse, vous êtes nos patrons. » J’aurais jamais cru Charlie patron de quoi que ce soit, mais j’imagine qu’on a une voix en effet quelque part. Comme la discussion s’éternise, il tranche : « Après tout, je défends nos emplois et n’en ai pas honte. » C’est vrai. Aucune honte à défendre son emploi. Je dis : « Vous allez tuer les notre. Et quand nous serons morts, vous aussi serez morts. » Il dit : « Battez-vous avec nous. » C’est vrai... que répondre ? Jamais je n’avais encore ressenti l’impuissance et la division des salariés face aux patrons. Chacun pour soi dans le monde du travail, et le patron pour tous. Escrocs Je cherche les évènements marquants de cette année en économie... La Grèce, bien sûr. La faillite de la zone euro. La faillite de l’Irlande. La faillite de deux escrocs, un petit et un gros. Le gouvernement de droite grec avait truqué les chiffres de son budget, laissant croire que le pays respectait les critères de Maastricht et pouvait emprunter au même taux que les Allemands, dans les mêmes conditions de risques. L’escroquerie est apparue après la crise de 2008, grâce à Lehman Brothers (la banque refinancée par citoyens américains), qui conseillait le gouvernement grec, et voyait bien que les comptes étaient truqués. Comme Lehman Brothers ne voulait pas faire perdre d’argent aux « marchés » (les rentiers), elle a dévoilé le pot aux roses. Quasi faillite du pays et sauvetage, après deux mois catastrophiques d’attente à cause des Allemands. Aujourd’hui, Madame Merkel dit : « Il est normal que les grecs empruntent à un taux plus élevé que nous ; c’est le risque ; c’est la concurrence ». Et oui : les pauvres sont plus risqués que les riches, et on leur prête toujours plus cher. Sauf qu’en France, on ne regarde pas l’origine de l’emprunteur, Corse ou Francilien, pour lui prêter. Il devrait en être de même dans la zone euro, sinon à quoi bon l’euro ? C’est pourquoi l’escroquerie des Irlandais est pire : ils ont utilisé l’argent de l’Europe pour casser leurs impôts et faire venir des entreprises américaines sur leur territoire. Ils ont poignardé l’Europe dans le dos. Malgré tout, le miracle Irlandais s’est révélé être un paquet de mousse : les banques Irlandaises, trop euphoriques, dévorées de cupidité, se sont lancées sur les subprimes américains et patatras. Au fait, où en est la lutte contre les paradis fiscaux promise par Sarko ? Google, par un savant montage depuis l’Irlande, en passant par les Pays Bas et les Bermudes, réussit à ne payer que 2.4% d’impôt sur les bénéfices réalisés hors d’Amérique ! Scandaleux. C’est du vol, tout simplement, du vol de bien public. Mais les Allemands aussi sont des escrocs à l’euro : ils font assembler hors zone euro à prix cassés (parce que l’euro est fort) et vendent en zone euro à prix normal. Des escrocs. Et les français, c’est pas des escrocs ? cherchez bien... Ecologie L’année 2010 aura été celle de la fin de l’écologie. Alors que 2008 avait bien commencé avec le Grenelle de l’environnement, 2009 s’est achevé avec l’enterrement du Protocole de Kyoto sur la limitation des gaz à effet de serre (c’est Allègre qui doit être content sous son pot d’échappement !), et 2010 s’achève sur le fiasco de Cancun, ou rien n’a été acté, contrairement à ce que claironnent certains écolos : que des promesses à Cancun, et les promesses n’engagent que les idiots qui les croient. Du coté de la politique, c’est pas terrible non plus. Eva Joly a été lancée pour torpiller le commentateur de foot Cohn-Bendit, et maintenant on tente de lancer Hulot pour torpiller Eva Joly. Après quoi Cécile Duflot (tu parles trop vite, Cécile !) torpillera Hulot. Allez, joyeux Noel tout de même, et bonne consommation d’électricité nucléaire !

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.