Les déplacements en train sont très compliqués aujourd'hui. A l'appel des syndicats représentatifs CGT, Unsa, SUD-Rail et CFDT, un mouvement de grève a débuté hier à 19h. Le mouvement doit se prolonger jusqu'à demain matin (8h). La SNCF a annoncé en fin de matinée que l'action était suivie par 33,2% du personnel, 68,6% chez les agents de conduite.

Les prévisions de circulation SNCF
Les prévisions de circulation SNCF © Radio France / IDE

Les lignes TGV sud-est et province-province sont le plus affectées : un train sur trois en moyenne. La situation s'annonce moins critique pour le TGV Nord (quatre trains sur dix), sur la ligne Atlantique (un train sur deux) et pour le TGV Est (deux trains sur trois).

La compagnie souligne avoir mis en place "un plan massif d'information". Son site Internet présente en permanence les conditions de trafic sur le réseau SNCF, en plus de l'affichage en gare. Au total, un million de mails ont été envoyés aux clients abonnés et 500.000 tracts distribués. Des "gilets rouges" sont aussi mobilisés en nombre pour "aller au contact des clients" dans les gares.

Mais dans les gares, les voyageurs restent souvent perplexes, perdus ou même résignés.

Le reportage de Nour-Eddine Zidane, à la gare Saint-Lazare, à Paris

Ce mouvement est une réaction à la future réforme du système ferroviaire engagée par l'Etat. Les syndicats de cheminots l'envisagent avec "inquiétude et vigilance". Pour Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, "il s'agit de sauver le rail français". La réunion de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF), qui gère l'infrastructure, doit "permettre de gagner considérablement en efficacité", a-t-il assuré.

Ce matin, le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, s'est voulu une nouvelle fois rassurant envers les cheminots, en insistant sur le fait que le projet n'était "pas encore écrit" et ne visait pas à "la libéralisation" du rail. "Il ne s'agit pas d'un projet de préparation à la libéralisation" et le gouvernement souhaite une "réunification sous un établissement public, un groupe public ferroviaire permettant de rapprocher RFF, c'est-à-dire l'infrastructure et la SNCF, c'est-à-dire le transport", a-t-il notamment souligné.

L'objectif étant d'élaborer "une stratégie d'avenir pour une meilleure efficacité du service public ferroviaire", ce qui est "une demande des usagers", mais "également des cheminots", a-t-il ajouté.

La SNCF emploie 150.000 personnes dans le secteur ferroviaire. La réforme voulue par le gouvernement vise à juguler en dix ans l'endettement du secteur qui atteint aujourd'hui les 30 milliards d'euros.

Le trafic aérien, lui, revient à la normale

Pendant trois jours, auparavant, ce sont les aéroports qui ont vu leur trafic fortement perturbé en France. Les aiguilleurs du ciel ont largement répondu à l'appel de cinq de leurs syndicats : "un mouvement exceptionnel", selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Ils dénoncent le projet de "ciel unique" européen, projet mené par la Commission européenne.

Malgré les réquisitions, la grève a entraîné l'annulation d'au moins un quart des vols programmés sur l'ensemble du pays et jusqu'à 75% à Roissy et Orly. Ce matin, la situation revenait progressivement à la normale, annonce un porte-parole de la DGAC.

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