Ziad Takieddine, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert contestent lundi leur mise en examen (pour complicité ou recel d'abus de biens sociaux) devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Dans leurs requêtes en nullité, certains avocats invoquent notamment la prescription. "La question des éventuelles rétro-commissions issues des deux contrats d'armement (Agosta et Sawari II) était connue depuis au moins 1996" argumente ainsi François Esclatine, l'avocat de Thierry Gaubert, tout comme Me Jean-Yves Liénart pour Nicolas Bazire, qui s'appuie sur des articles du Monde ou de l'Express publiés à cette époque.

La piste des contrats d'armement avait déjà été examinée dans le cadre de deux enquêtes sur le financement du petit parti républicain, présidé par François Léotard après son départ du gouvernement en juin 1995. L'intermédiaire Ziad Takieddine avait ainsi été entendu le 5 novembre 1998.

Et au détour de son enquête sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995, le juge Renaud Van Ruymbecke va peut-être apporter une réponse aux questions qu'Eva Joly et Laurence Vichnievsky avaient soulevées il y a plus de dix ans. Faute d'avoir trouver l'origine des sommes en espèce qui avaient alimentées le PR, plusieurs de ses dirigeants avaient été jugés pour blanchiment. En 2004, François Léotard avait été condamné à dix mois de prison avec sursis, Renaud Donnedieu de Vabres, devenu son directeur de cabinet au PR avait écopé d'une simple amende de 15 000 euros (il a été réhabilité depuis).

Le juge Van Ruymbecke a de nouveau interrogé Renaud Donnedieu de Vabres sur les mystérieuses cagnottes du parti républicain (2,4 millions de francs découverts au siège en juillet 1995 et 5 millions de francs déposés, en juin 1996, dans une banque italienne douteuse, le "Fondo"). Le juge fait le parallèle avec les nombreux retraits d'espèces effectués à la même période sur le compte suisse utilisé par Ziad Takieddine et son associé El Assir. Alternativement l'ancien ministre répond qu'il n'a "aucune mémoire", ou maintient que l'argent venait des fonds spéciaux de Matignon. Après avoir évoqué les règlements de comptes à l'intérieur de la droite entre 1995 et 1997, M. Donnedieu de Vabres conclut :"la gestion des grands contrats est une réussite collective et ensuite elle donne lieu à des accusations personnelles".

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