Avec 44% de bonnes opinions contre 55% de mauvaises, François Hollande a atteint en moins de six mois des profondeurs que son prédécesseur avait mis près d’un an (février 2008) à atteindre. La cote de Jean-Marc Ayrault suit le même mouvement. Le Premier ministre devient lui aussi impopulaire ce mois-ci avec 46% de bonnes opinions contre 52% de mauvaises. L’exécutif est non seulement jugé « pas efficace » (69%), mais aussi « pas juste » (56%) alors que la « justice » constituait justement l’une des rares promesses du candidat Hollande.

Comme le mois dernier, les salariés du secteur public conservent leur confiance au Président (58%) mais un très fort mécontentement à son égard s’observe désormais non seulement auprès des professions libérales et des chefs d’entreprises (75%) mais aussi des cadres (56%) et des ouvriers. Ces derniers sont ainsi 57% à avoir une mauvaise opinion du chef de l’Etat, 74% à juger que son action n’est pas efficace et 58% à ne pas la trouver « juste ».

Le niveau d’impopularité de l’exécutif est tel que les Français sont désormais plus nombreux à penser que l’UMP ferait mieux (36%) plutôt que « moins bien » (27%) que ce gouvernement. Même les sympathisants de gauche ne sont que 59% à penser que l’UMP ferait moins bien. Un tel désaveu constitue une véritable « performance » pour la gauche au pouvoir quand on se remémore le niveau de rejet de l’ex-parti présidentiel il y a encore six mois et quand on sait que le parti est sans réel leader jusqu’au mois prochain.

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Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA, au micro de Jean-François Achilli

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Cote de popularité : Manuel Valls sur un boulevard

Alors que les cotes de la plupart des personnalités politiques sont en berne, le ministre de l’Intérieur, lui, progresse (56%; +4 points) et creuse encore l’écart en mettant désormais à près d’une dizaine de points ses poursuivants immédiats, François Fillon (48%) et Alain Juppé (46%).

En bas du tableau, on trouve le président du groupe UMP à l’Assemblée Christian Jacob et le tout nouveau patron du PS Harlem Désir, ainsi qu'un quatuor féminin : Rachida Dati, Ségolène Royal, Cécile Duflot et Christiane Taubira.

A droite, François Fillon creuse l'écart

Au classement des personnalités politiques, Jean-François Copé se situe près de 20 points et plus de 10 places derrière l’ex-Premier ministre (48% et 2ème pour François Fillon contre 29% et 13ème pour Jean-François Copé) auprès de l’ensemble des Français. Ce n’est guère mieux auprès des sympathisants de l’UMP : François Fillon est n°1 avec 76% alors que Copé se situe plus de 20 points en retrait avec 55%, loin derrière Nicolas Sarkozy (69%), Alain Juppé (67%) ou François Baroin (59%) et à un niveau très proche de celui de Nathalie Kosciusco-Morizet (54%) et même de Manuel Valls (52%, soit seulement 3 points de moins).

Dans la bataille pour la présidence de l'UMP, Jean-François Copé perd également du terrain : 71% des Français et surtout 66% des sympathisants de l’UMP préféreraient une victoire de François Fillon. Même si ce résultat est moins mauvais pour Copé que celui que nous constations il y a six mois (il a gagné 8 points auprès des sympathisants UMP depuis le 31 mai), c’est un cruel désaveu pour l’actuel patron du principal parti d’opposition.

Jean-François Copé jugé "trop à droite"

Cette domination de Fillon s’explique aussi par une orientation politique de Jean-François Copé jugée « trop à droite » par une large majorité de Français. Alors que 54% de nos concitoyens jugent que le patron de l’UMP est « trop à droite » et seulement 35% que son positionnement est « bien équilibré », ils sont 68% à trouver le positionnement politique de Fillon « bien équilibré » et seulement 14% à le juger « trop à droite » (12% seulement ne le jugent « pas assez à droite »).

Fin mars 2012, avant de rater son pari d’être en tête au premier tour de l’élection présidentielle en asséchant les voix du Front national (qui atteignit même avec 18% son record historique), Nicolas Sarkozy lui aussi suscitait dans l’opinion pareilles critiques quant à sa droitisation : 55% des Français trouvaient sa posture politique « trop à droite » et seulement 34% « bien équilibrée ». Mais cette stratégie ne permet pas à François Copé de séduire les électeurs FN. Sa cote d’influence auprès des sympathisants du FN se situe 18 points en dessous de celle de Fillon (46% contre 64%). Réciproquement, ceux-ci opteraient très majoritairement (61% contre 38%) pour Fillon plutôt que pour lui s’ils devaient choisir le futur patron de l’UMP.

L'enquête BVA pour France Inter, L'Express et Orange a été réalisée les 11 et 12 octobre 2012 sur un échantillon représentatif de la population française de 1105 personnes, âgées de 18 ans et plus.

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