[scald=221919:sdl_editor_representation]STRASBOURG (Reuters) - Les contrôles menés après la découverte de viande de cheval dans des plats cuisinés à base de bœuf ont révélé le caractère très répandu de la fraude, selon les premiers résultats révélés mardi par Benoît Hamon, le ministre chargé de la Consommation.

Le ministre a toutefois précisé qu'au-delà du cas Spanghero-Comigel-Draap Trading, la filière par laquelle le scandale est arrivé, "la tromperie économique ne semble pas établie" s'agissant des sociétés françaises impliquées dans quatre nouveaux circuits mises en lumière.

Le fait que la présence de viande de cheval ait été surtout détectée dans les premiers prélèvements laisse selon lui à penser que les fabricants de plats cuisinés ont réagi rapidement après la découverte de la fraude.

"Nous pensons que nous avons commencé à assainir la filière", s'est-il félicité lors d'un déplacement au Parlement européen de Strasbourg pour des rencontres avec les parlementaires et les commissaires européens.

La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a procédé à 138 prélèvements dans 121 établissements, dont 50 ont déjà pu être analysés.

Sur les dix premiers, neuf contenaient au moins 1% de viande de cheval contre deux au sein des quarante suivants.

Les quatre nouvelles filières identifiées par la DGCCRF ont déjà été révélées par les entreprises elles-mêmes.

Draap Trading, le trader néerlandais qui fournissait de la viande roumaine à Spanghero, est impliqué dans trois d'entre elles. Il fournissait ainsi Gel Alpes, lui-même fournisseur de William-Saurin qui vend aussi sous marque Panzani et marque distributeur.

"LA CRISE N'EST PAS FINIE"

Il livrait également de la viande en provenance d'Estonie et de Pologne à Covi, une entreprise des Deux-Sèvres qui produit du corned beef et de la viande polonaise à Toupnot, une société de Lourdes.

S'agissant de Davigel, filiale de Nestlé dont les lasagnes contenaient de la viande de cheval en faible quantité, le circuit passe par un abattoir italien, un négociant belge et un atelier de transformation allemand.

"La crise n'est pas finie", a toutefois insisté Benoît Hamon. "Elle ne sera terminée que lorsque nous aurons changé les règles du jeu et que le consommateur pourra de nouveau avoir confiance dans ce qui est dans son assiette".

Au plan intérieur, le ministre a annoncé un renforcement des contrôles et un alourdissement des sanctions contre les fraudeurs. "Nous allons multiplier par dix le niveau des pénalités", a-t-il annoncé.

Des amendes allant jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de l'entreprise et la possibilité de lui interdire toute activité commerciale seront incluses dans le projet de loi sur la consommation qui doit être prochainement présenté en conseil des ministres, a encore dit le ministre.

Au niveau européen, Benoît Hamon demande, avec d'autres pays dont l'Allemagne, un étiquetage mentionnant le pays d'origine qui n'est actuellement pas obligatoire pour des produits carnés transformés en provenance de l'Union européenne.

"Le nombre de pays favorables au marquage augmente", a-t-il assuré.

Gilbert Reilhac, édité par Yann Le Guernigou

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