Le pape et Paolo Gabriele ont passé ensemble un quart d'heure samedi matin dans les locaux de la gendarmerie du Vatican, où était détenu l'ancien majordome qui a été immédiatement libéré et autorisé à retourner auprès de sa famille.

Les précisions à Rome d'Anaïs Feuga

Selon le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi :

C'était un geste paternel envers quelqu'un avec qui le pape a partagé sa vie quotidienne pendant des années. C'est un dénouement heureux en cette période de Noël.

Paolo Gabriele et le Pape
Paolo Gabriele et le Pape © Reuters / Osservatore Romano

Le Saint-Siège a promis de trouver un emploi à Paolo Gabriele en dehors du Vatican et à l'aider à entamer une nouvelle vie.

Le pape a également gracié un deuxième employé du Vatican, Claudio Sciarpelletti, complice présumé de Paolo Gabriele, un informaticien condamné à deux mois de prison avec sursis ennovembre pour entrave à la justice dans la même affaire du "VatiLeaks".

Arrêté en mai par la gendarmerie vaticane, Paolo Gabriele a été condamné le 6 octobre à dix-huit mois de prison pour avoir subtilisé des documents confidentiels dans les appartements pontificaux et les avoir transmis à la presse italienne.

Agé de 46 ans, père de trois enfants, il a expliqué aux enquêteurs que le pape n'était pas "suffisamment informé" de ce qui se passait au sein de l'Eglise catholique.

Affirmant avoir agi par amour "viscéral" pour l'Eglise, Paolo Gabriele a précisé lors de l'enquête qu'il avait voulu "créer un choc" pour ramener l'institution "dans le droit chemin".

Le majordome de Benoît XVI, qui lui servait ses repas et l'aidait à s'habiller, a photocopié des documents confidentiels dans un bureau voisin des appartements pontificaux, avant d'encacher plus d'un millier, dont certains avaient été marqués "à détruire" par le souverain pontife.

L'organigramme du Vatican
L'organigramme du Vatican © Idé / Idé

Paolo Gabriele faisait partie des très rares personnes - moins d'une dizaine - à avoir accès à l'ascenseur qui mène aux appartements du pape. Il a dit lors de son procès que sa position lui avait permis de constater à quel point Benoît XVI était manipulé par ses conseillers.

Parmi les documents que Paolo Gabriele reconnaît avoir transmis à un journaliste italien figurent des lettres adressées à Benoît XVI.

Dans certaines de celles-ci, l'archevêque Carlo Maria Vigano, ancien secrétaire général du Vatican, juge que les relations d'affaires de l'Etat pontifical ont entraîné des comportements répréhensibles, en particulier de corruption.

Mgr Carlo Maria Vigano a depuis été nommé nonce apostolique (ambassadeur du Saint-Siège) à Washington, malgré sa volonté affichée de rester au Vatican.

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