Clémence, 7 ans, a disparu depuis le 20 mars dernier.
Clémence, 7 ans, a disparu depuis le 20 mars dernier. © Radio France

Ce vendredi là, comme toutes les semaines, Vincent Gervais va chercher Clémence à l'école. C'est son tour de garde puisque quelques jours auparavantt, il y a eu l'audience pour le divorce et la garde de l'enfant. Or ce vendredi là, la fillette n’est pas là : cela fait trois jours qu’elle n'est pas venue en classe. Sa mère a excusé son absence, en la prétendant souffrante.

« J’ai tout de suite compris » , dit Vincent Gervais. « J’ai su qu’elle l’avait enlevée » . Il se précipite alors au domicile de son ex-femme mais l’appartement est fermé et la voiture n’est plus là. Le père file alors au commissariat. On ne le laissera d’abord que déposer une main courante.

Une instruction finit par être ouverte. L’enquête est confiée à la police judiciaire de Nanterre. L’attente commence et le sentiment d’impuissance grandit. Fusillade, homicide : au père désemparé, la police semble avoir toujours mieux affaire que de s’occuper de son dossier. « Pendant trois mois et demi, il ne s’est rien passé » , déplore-t-il. Vincent Gervais décide alors de mener sa propre enquête. « J’ai arrêté de travailler, je suis allé en Suisse, en Pologne » , raconte-t-il. Il a même engagé un détective privé, qui a tenté de l’arnaquer.

« Aujourd’hui, je ne sais pas si ma fille est vivante ou morte » , confie le père. Depuis quelques temps, sa femme semble verser dans l’ésotérisme. Elle passe son temps à l’église, multiplie les appels à des voyants, et des prêtres exorcistes. Dans une lettre elle écrit : « je suis en lutte continuelle avec des forces qui me poussent à me détruire. »

L’avocat de la jeune femme, Alain Abitan, tempère. Il décrit une femme certes angoissée par son divorce, mais plutôt posée, « une femme qui se présente bien, qui vivait à Boulogne, manteau en cachemire l’hiver, BCBG entre guillemets. Il y a eu une longue instruction, tout le monde est passé à côté » . Il n’en est pas moins furieux contre sa cliente. « C’est la première fois en 25 ans que je vois une de mes clientes disparaître en ne me donnant aucune nouvelle » , constate Me Abitan qui avoue n’avoir « jamais senti que l’enfant pouvait être en danger avec sa mère » .

Vincent Gervais, lui, est fatigué. Fatigué de se battre seul. Fatigué qu'on n'entende pas sa douleur de père : « Ce n’est pas parce qu’un père n’a pas porté son enfant dans son ventre qu’il ne l’aime pas autant que sa mère, et qu’il ne peut pas s’en occuper aussi bien voire peut-être mieux . Je suis persuadé que si c’est moi qui avait enlevé mon enfant, on aurait déployé beaucoup plus de moyens pour retrouver ma fille » , soupire-t-il.

Après quatre mois de recherches, Vincent Gervais lance aujourd'hui un appel à toute personne qui pourrait avoir vu la femme et l'enfant. A l'intention la petite Clémence, il ajoute : « je veux lui dire que je l'aime terriblement, qu'elle ne doit pas s’inquiéter, et que je ferai tout pour la retrouver. »

Un témoignage recueilli par Julie Marie-Leconte.

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