[scald=222545:sdl_editor_representation]par Barry Moody et Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - L'Argentin Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, a été choisi mercredi à la surprise générale pour prendre la tête de l'Eglise catholique sous le nom de François Ier, le Vatican précisant qu'il se ferait simplement appeler pape François.

Le successeur de Benoît XVI, qui est âgé de 76 ans, s'est présenté au balcon central de la basilique Saint-Pierre une heure après l'apparition d'une fumée blanche sur le toit de la chapelle Sixtine, signe de son élection.

"Comme vous le savez, la tâche du conclave est de donner un évêque à Rome. Il semble que mes frères cardinaux soient allés presque au bout du monde", a-t-il plaisanté, s'adressant à la foule en italien avec un léger accent sud-américain, avant de donner sa première bénédiction à "tous les hommes et les femmes de bonne volonté".

"Annuntio vobis gaudium magnun. Habemus Papam (Je vous annonce une grande joie. Nous avons un pape)", avait auparavant déclaré Mgr Jean-Louis Tauran.

Le pape François, dont la messe inaugurale aura lieu mardi, devient donc le 266e souverain d'une Eglise malmenée par les scandales. Son nom n'avait pas été cité parmi les principaux prétendants à la succession de Benoît XVI, qui a renoncé à ses fonctions le 28 février en invoquant son âge.

Les observateurs pariaient sur une personnalité relativement jeune et dynamique, or il s'agit du plus âgé des candidats en vue, et sans doute d'un des plus réservés. Il est en outre le premier jésuite à accéder au trône de Saint-Pierre.

Le pape a été élu à la majorité des deux tiers par les 115 cardinaux électeurs, ce qui supposait de réunir 77 voix. Ce seuil a donc été atteint au cinquième tour de scrutin.

HOMMAGE À SAINT-FRANÇOIS D'ASSISE

Il s'agissait pour les cardinaux de trouver une personnalité à même de tenir les rênes d'une Curie en proie à des luttes d'influence et à des scandales persistants de moeurs et de pédophilie.

"J'espère qu'il va mettre fin au luxe qui règne au Vatican , qu'il va conduire l'Eglise vers plus d'humilité, quelque chose de plus proche de l'évangile", a réagi Jorge Andres, un ancien procureur argentin, alors que des dizaines de milliers de ses compatriotes en liesse se ruaient vers les églises du pays.

Jorge Mario Bergoglio a la réputation d'être un homme modeste, qui vivait jusqu'à présent sans ostentation dans un petit appartement de la banlieue de Buenos Aires et se déplaçait en transports en commun.

Il a d'ailleurs choisi son nom de pape François en hommage à Saint-François d'Assise, exemple de vie modeste.

Son élection dès le deuxième jour du conclave a surpris, car contrairement à 2005, où Joseph Ratzinger dominait les débats, les "papabili", ou papes potentiels, étaient relativement nombreux cette fois, ce qui compliquait l'élection. Beaucoup d'experts s'attendaient à ce que la fumée blanche n'apparaisse que jeudi.

Bravant la pluie, des milliers de fidèles s'étaient néanmoins pressés toute la journée place Saint-Pierre et une immense clameur s'est élevée dès l'apparition de la fumée blanche. La foule s'est alors précipitée vers la basilique. "Viva il Papa !", a-t-elle hurlé lorsqu'il s'est montré au balcon.

"Je ne m'attendais pas à cela, mais je suis absolument ravi. C'est un moment unique. Il y a grand sentiment de cohésion ici", s'est réjoui John Mcginley, un prêtre de Glasgow.

"PREMIER PAPE ISSU DES AMÉRIQUES"

De nombreuses personnalités du monde entier ont aussitôt félicité le pape.

Le président français François Hollande a ainsi adressé à François Ier, ses "félicitations les plus chaleureuses et (ses) vœux très sincères pour la haute mission qui vient de lui être confiée à la tête de l'Eglise catholique pour faire face aux défis du monde contemporain.

"La France (...) poursuivra le dialogue confiant qu'elle a toujours entretenu avec le Saint-Siège, au service de la paix, de la justice, de la solidarité et de la dignité de l'homme", ajoute le président français dans un communiqué.

"En tant que premier pape issu des Amériques, son élection exprime également la force et la vitalité d'une région de plus en plus importante dans l'évolution du monde et, aux côtés de millions d'Américains hispaniques, nous, aux Etats-Unis, partageons la joie de ce jour historique", dit quant à lui Barack Obama.

L'élection de l'archevêque de Buenos Aires a bien sûr une résonance particulière en Amérique Latine, qui envoie pour la première fois l'un des siens sur le trône de Saint-Pierre.

"Nous sommes heureux parce que le choix d'un latino-américain montre que l'Eglise s'ouvre, qu'elle s'intéresse désormais à l'Eglise toute entière, plus seulement à l'Europe", s'est réjoui Leonardo Steiner, secrétaire-général de la conférence des évêques brésiliens, dont le compatriote Odilo Scherer était cité parmi les favoris.

Avec Crispian Balmer, Naomi O'Leary, Philip Pullella et Tom Heneghan, Henri-Pierre André, Hélène Duvigneau et Tangi Salaün pour le service français

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