L'armée française prend des mesures d'urgence pour mieux sécuriser ses sites de munitions
L'armée française prend des mesures d'urgence pour mieux sécuriser ses sites de munitions © BEP/La Provence

Un plan d'urgence prévoit le déploiement d'une centaine de militaires supplémentaires sur les sites les plus sensibles. Les dépôts seront reconstruits et modernisés dès l'an prochain.

Trois semaines après le spectaculaire vol d'explosifs sur le site militaire de Miramas (Bouches-du-Rhône), le ministère de la Défense annonce un "plan d'urgence" pour mieux sécuriser ses sites de munitions.

Une défaillance grave, inacceptable

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, avait déploré le 14 juillet dernier le dispositif de sécurité sur le site militaire de Miramas. Au moins 150 détonateurs et une dizaine de pains de plastique avaient été dérobés dans la nuit du 6 au 7 juillet. Après une enquête interne et un audit des sites de munitions en France (une dizaine de sites majeurs et une centaine d'autres intégrés aux bases militaires, donc mieux protégés), des mesures vont être prises rapidement.

Mesures immédiates

Les clôtures et les serrures des magasins de munitions vont être renforcées et une centaine de militaires supplémentaires déployés sur les sites les plus sensibles. Six millions d'euros vont être débloqués d'ici la fin de l'année pour installer des systèmes de vidéosurveillance sur les sites les plus vulnérables. Un certain nombre de dépôts ne sont même pas électrifiés, en vertu de normes de sécurité relatives à la poudre datant de 1920.

Reconstruction des magasins de stockage

Cette reconstruction démarrera en 2016 pour un coût de 60 millions d'euros sur cette seule année . Le ministère a également engagé une évaluation plus globale de la protection de l'ensemble de ses installations militaires au vu des nouvelles menaces terroristes. Au total, le plan de sécurisation de l'ensemble des installations militaires devrait coûter "plusieurs centaines de millions d'euros sur trois ans", selon l'entourage du ministre.

Sanctions après les vols à Miramas

Le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, doit annoncer des "sanctions" à l'encontre de deux à quatre personnes. A Miramas, le chef du centre de munitions ne savait pas à qui s'adresser dans une série de chaînes de décision complexes, pour faire réparer un trou dans le grillage. Les chiens de garde étaient donc attachés de crainte qu'ils ne s'échappent. Les auteurs du vol ont tailladé le grillage finalement à un autre endroit. L'armée va aussi être amenée à revoir ses chaînes de commandement et la gouvernance de la protection des sites.

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