l'armée tchadienne dit avoir tué au mali mokhtar belmokhtar
l'armée tchadienne dit avoir tué au mali mokhtar belmokhtar © reuters

L'armée tchadienne a annoncé hier soir avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux chefs d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et commanditaire de l'attaque contre le site gazier algérien de Tiguentourine en janvier. Le chef islamiste aurait été tué dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, dans le nord du Mali.

L'annoncé a été faite à la télévision tchadienne, par le porte-parole de l'état-major des armées tchadiennes, le général Zacharia Gobongué

Mokhtar Belmokhtar est un ex-chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), organisation avec laquelle il est entré en dissidence en octobre dernier en formant sa propre unité combattante. Chef de la brigade des Moulathamine ("Ceux qui signent avec leur sang"), Mokhtar Belmokhtar est le commanditaire de la prise d'otages du complexe gazier algérien de Tiguentourine en janvier, au cours de laquelle une soixantaine de personnes, dont 37 otages étrangers, ont été tués.

Portrait de celui que l'on surnomme "le borgne" avec Bertrand Gallicher

Né à Ghardaïa, en Algérie, en 1972, dans une interview diffusée en 2007 sur des sites islamistes, il affirmait s'être rendu en Afghanistan à l'âge de 19 ans pour y acquérir une formation et une expérience du combat.

Revenu en Algérie en 1992, Belmokhtar a combattu durant la guerre civile au sein du Groupe islamique armé (GIA), puis a participé à la création du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a élargi progressivement ses opérations dans différents pays du Sahel en y attaquant les forces de sécurité. Le GSPC a fait par la suite allégeance à Al Qaïda, devenant le représentant de la nébuleuse islamiste en Afrique du Nord sous l'appellation d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Au-delà de son implication dans des enlèvements, il est réputé pour être l'un des plus importants "gangsters djihadistes" du Sahara. Il s'est imposé dans la fourniture d'armes aux groupes islamistes de la région et dans le trafic de cigarettes, ce qui lui vaut le surnom de "Mister Marlboro" au sein des populations locales, selon les médias français.

Ses diverses activités lui ont permis de nouer des liens étroits avec les communautés touarègues, notamment avec les combattants qui ont participé au printemps 2012 à l'offensive ayant abouti à la prise du nord du Mali avec leurs alliés islamistes de l'époque.

Une chaîne de télévision algérienne avait rapporté en juin dernier qu'il avait été tué dans des combats entre islamistes et séparatistes touaregs à Gao, dans le nord du Mali.

Le président Idriss Déby a déclaré vendredi soir que l'Algérien Abou Zeid avait été "abattu" par les soldats tchadiens au cours de violents combats dans les montagnes du nord-est du Mali, près de la frontière algérienne. Son décès n'a toujours pas été confirmé officiellement.

Si ces morts étaient confirmées, ils constituerait un sérieux revers pour les jihadistes

Pour le journaliste Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique, il est encore difficile de connaître le rôle exact joué par l'armée française dans cette affaire. Mais la France a intérêt à laisser le Tchad se mettre en avant, pour tenter de préserver la vie des otages français.Antoine Glaser est interrogé par Bertrand Gallicher

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