Hervé Guibert plaçait la littérature au dessus de tout, même s'il pratiquait aussi la photographie. Ses amis affirment qu'il écrivait tout le temps. Comme critique de photo au Monde, de 1977 à 1985, et comme écrivain de romans et de récits. "L'écriture aussi, est une profusion d'images", déclarait l'auteur disparu en 1991. Il se suicide, le corps meurtri par le sida.

Hervé Guibert
Hervé Guibert © © RF/VJ

Hervé Guibert
Hervé Guibert © © RF/VJ

Il est frappant de constater dans "Suzanne et Louise" et "l'image fantôme", par exemple, à quel point, dans son oeuvre, la photographie et la littérature courent l'une après l'autre. Souvent, quand une séance photo est ratée (c'est le cas de la photographie de sa mère qui n'apparaît pas dans le bain révélateur), Guibert prend la plume pour décrire le moment évanoui de la pose (lisez "l'image fantôme", chez Minuit, un récit passionnant écrit en 1981). Il lui arrive aussi de saisir son Rollei 35, petit appareil photo argentique offert par son père, pour capter un instant de beauté, une lumière, le geste d'un ami, comme un prolongement de son autofiction. Mort il y a vingt ans, il est possible de retrouver l'écrivain dans le récit que consacre Mathieu Lindon à ses amis défunts, "Ce qu'aimer veut dire", chez POL, et de découvrir le photographe Guibert à l'occasion de la rétrospective de 230 images en noir et blanc organisée à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, jusqu'au 1O avril. Pour vous guider dans cette oeuvre profonde et crue, sensible et parfois subversive, découvrez "l'atelier fantôme d'Hervé Guibert", samedi 19 février, en compagnie du jeune écrivain Jean-Baptise del Amo qui, après "une éducation libertine" et "le Sel" chez Gallimard, signe la préface du catalogue de l'exposition "Hervé Guibert, photographe".

plus d'infos

http://www.mep-fr.org/actu_1.htm http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/atelier-de/index.php?id=101004

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