Afiiche de Cavafy Yourcenar
Afiiche de Cavafy Yourcenar © Radio France

L'interview n'est pas une science exacte, bien sûr. Il arrive que l'alchimie n'ait pas lieu ou que la relation entre celui qui interroge et celui qui répond s'établisse difficilement, surtout quand celui-ci travaille, cherche, doute. C'est le principe et la loi de "l'Atelier": rencontrer un artiste au travail et non en promotion, avec un discours connu voire remâché.

target="_blank" href="http://admin.franceinter.fr/#"> LecturePartager Charlotte Rampling" répète un récital Cavafy-Yourcenar qui sera donné pour la première fois en France (après une tournée à l'étranger) salle Gaveau, à Paris, le 10 octobre.

Premier rendez-vous, chez elle, dans un grand appartement du 16è arrondissement. Elle est fermée et même glaciale. Mais au fur et à mesure de ses lectures à haute voix, en compagnie de son partenaire grec, le comédien Polydoros Vogiatzys, elle se détend et sourit. Elle rit, même, parfois. J'ai le droit de poser des questions. Je lui fais remarquer sa posture si sévère des premiers instants. Elle l'admet et affirme se protéger, ainsi, avant de donner. Elle trouve même l'exercice intéressant (celui qui consiste à mettre des mots sur son travail en cours). Victoire ! Une semaine plus tard, salle Gaveau, à Paris, l'actrice commence par me repousser. Je patiente donc au premier rang durant une heure et demie puis remonte sur scène (ne pas lâcher !), micro en main. Elle m'accorde un quart d'heure (c'est peu, vraiment peu). On évoque sa carrière, le cinéma plus que le théâtre, son récent désir d'écrire, sa traversée du désert, la nouvelle sortie, trente ans plus tard, de "Portier de nuit", où elle avoue se regarder avec bienveillance en se disant:"cette femme n'est pas moi, c'est ma fille!"... Passionnante comédiene dont l'authenticité et le don de soi, à ce moment, sont rares. Charlotte Rampling redit qu'elle se protège, souvent. Elle sait que son caractère fait peur, "mais vous, les Français, vous avez peur de tout ! Nous, les Anglais, nous sommes comme ça". Après un petit quart d'heure, elle appelle le régisseur comme on appelle au secours. "Allez, c'est fini. Vous avez assez. CUT!" Pourtant, sa dernière poignée de mains est très chaleureuse... Parce qu'on ne se revoit pas? Diffusion le 6 octobre à 19h 20 sur France Inter de cet Atelier chaud et froid et en réécoute sur www.franceinter.fr.

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