L’autre économie Comment parler d’éco sans être contraint par l’actu, le chaud, les dépêches AFP qui se succèdent à une vitesse grand V et empêchent de voir le fond des problèmes ? C’était le but de l’Autre économie, que j’avais proposée décalée par rapport à l’économie classique de deux manière : 1) décalée parce qu’elle parlait de sujets jamais traités par l’économie officielle (par exemple la décroissance ou le logiciel libre) ; en fait, ces sujets (par exemple le logiciel libre) gênent l’économie « officielle » 2) décalée parce que non soumise à la pression immédiate de l’actu : « La Fed vient de baisser ses taux de 0.75% !!! Ah ! Horreur ! » En ce qui concerne la crise américaine, le problème est bien l’attitude de la Fed, évidemment, mais au-delà le vrai problème est celui de l’attitude des banques face aux risques. Les banques, la Société générale en tête, on spéculé à mort dans un monde qu’elles imaginent, par leurs modèles débiles, sans risque (comme si elles étaient sures de gagner parce que, au fond le marchée reste « haussier », tout le monde y gagne). Et lorsqu’elles se sont trouvées un petit peu en difficulté, elles ont manifesté une énorme aversion pour le risque : elles ont gardé toutes les liquidités qu’on leur refilait au lieu de les faire circuler. De sorte que les banques, la Société générale en tête, ont eu, et ont une attitude de schizophrène : elles spéculent à mort, et en même temps elles pétochent comme des malades, comme des agneaux devant le grand méchant loup appelé Risque. On mesure mal la responsabilité bancaire. La responsabilité politique, économique et morale des banques. Autrefois, on voulait faire entendre les responsables du FMI devant un Tribunal mondial pour atteinte à l’intégrité des personnes et à l’ordre public. Maintenant, c’est les dirigeants des banques qui devraient répondre non pas de leurs actes, mais de leur incompétence.

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