Les missiles tirés par Pyongyang peuvent faire du mal. Mais la géométrie dans l'espace et les probabilités nous indiquent que les avions civils ne sont pas les premiers menacés.

Vendredi 15 septembre, un missile balistique nord-coréen a de nouveau survolé l'archipel du Japon et croisé des routes d'aviation commerciale très fréquentées.
Vendredi 15 septembre, un missile balistique nord-coréen a de nouveau survolé l'archipel du Japon et croisé des routes d'aviation commerciale très fréquentées. © AFP / TORU YAMANAKA

Petit rappel de géométrie dans l’espace : pour que deux objets volants entrent en collision, il faut que à un moment donné, ils partagent au moins une altitude et un point de trajectoire. Une situation en général hautement improbable.

Concernant l’aviation civile, néanmoins, l’importance du trafic aérien et la concentration des vols sur certains itinéraires pourrait rendre le risque de collision plus grand. Mais le contrôle aérien organise les vols dans les zones les plus fréquentées et, ailleurs, les règles de navigation limitent largement les croisements intempestifs entre deux aéronefs civils.

Des altitudes stratosphériquement différentes

Si l’objet volant n’est pas civil, en revanche, et si nul n’est informé de son existence, c’est le hasard qui prévaut (sauf quand le missile en question est destiné à détruire des avions, dans le cadre de la défense aérienne par exemple, et qu'il vise précisément un aéronef). Et il faut revenir aux données de vol pour définir ce qui est possible ou pas. Avec un principe de base : un Airbus et un missile de croisière ne jouent clairement pas dans la même division.

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Un avion civil évolue entre 0 et 10 000 mètres, son altitude de croisière, qui couvre le plus souvent l’essentiel du vol. Un missile balistique nord-coréen comme le Hwasong-12 atteint plus de 700 km d’altitude, à la limite extrême de l’atmosphère, avant de fondre sur sa cible. Le dernier tir, le 15 septembre, laisse penser qu’en moins d’une minute, le missile volait déjà à plus de 100 km.

Une fenêtre de tir particulièrement étroite

Pour imaginer une collision entre un missile balistique et un avion civil, il faut donc se figurer un aéronef évoluant plus ou moins en plan croisant précisément un objet d’à peine une vingtaine de mètres évoluant à la verticale. Et la fenêtre de tir est réduite, l’avion se déplaçant à plusieurs centaines de km/h tandis que le missile se déplace à plusieurs milliers de km/h. En d’autres termes, si un missile balistique et un avion peuvent se croiser, c’est pendant quelques secondes, après le tir ou avant l’impact du projectile, et dans une zone de quelques dizaines de mètres. Plus resserrée, en tout cas, que les 100 km qui ont séparé un avion d'Air France de la trajectoire du dernier missile tiré par Pyongyang.

Altitudes radicalement différentes, vitesses incomparables… Ajoutez à cela qu’on ne parle pas de comètes mais d’objets qui, rapportés à l’immensité du ciel, demeurent relativement petits, et que la Corée du Nord, quoique très investie dans cette activité, ne tire pas les missiles par rafales :

le risque pour l’aviation civile des tests nord-coréens est sans doute infiniment moins grand que le risque auquel le monde entier est exposé.

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