PARIS (Reuters) - L'avocat de Marine Le Pen a déposé jeudi une plainte contre X auprès du procureur de la République de Nanterre pour "tromperie sur les qualités substantielles" de la marchandise et "actes de cruauté envers des animaux domestiques" visant la viande halal en Ile-de-France, annonce son équipe de campagne dans un communiqué.

Cette plainte a été déposée à la requête de deux associations franciliennes de protection des consommateurs et de défense des animaux, précise l'équipe de la candidate du Front national à l'élection présidentielle du printemps.

"Il est clair que les pouvoirs publics doivent se saisir de ce grave problème de santé publique et de protection des animaux", écrit-elle.

Pour qu'une viande soit considérée comme halal - "ce qui est permis" en arabe -, l'animal doit être égorgé sans étourdissement préalable en direction de La Mecque et des paroles religieuses doivent accompagner le sacrifice.

Marine Le Pen suspecte 100% de la viande distribuée en Ile-de-France d'être halal, une éventualité qu'elle présente comme une tromperie et un danger sanitaire. Son parti dénonce l'absence d'étiquetage systématique.

La présidente du FN s'est saisie de ce sujet lors de sa convention à Lille, suite à la diffusion d'un documentaire abordant cette question sur France 2. Elle avait annoncé samedi son intention d'engager une procédure judiciaire à ce sujet.

DÉMENTI DES PROFESSIONNELS

Les allégations de Marine Le Pen ont été démenties mardi par les professionnels de l'abattage. S'ils confirment qu'en Ile-de-France les quatre abattoirs privés en activité ne produisent que de la viande halal bovine, ils soulignent que l'essentiel de la viande consommée provient des grandes régions d'élevage comme la Bretagne.

Seules 5.000 tonnes sur les 200.000 consommées chaque année en Ile-de-France sont halal, d'après les professionnels du secteur.

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a par ailleurs rappelé qu'un décret sur les conditions de production de viande halal avait été publié au Journal Officiel le 29 décembre dernier.

A partir du 1er juillet 2012, date d'entrée en vigueur du décret, les abattoirs ne pourront procéder aux abattages rituels que s'ils ont reçu une autorisation préalable de l'État et s'ils peuvent justifier via un système de "bons de commande" que cette production répond à une demande commerciale.

Ce système devrait permettre de bloquer en amont les dérives liées à la production excessive de viande halal, d'après le ministère.

Chine Labbé, avec Marion Douet

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