par Marion Douet

MONTPELLIER, Hérault (Reuters) - Le rapport avec l'écologie sera au coeur de l'avenir de l'agriculture, ont souligné jeudi sept candidats à l'élection présidentielle venus présenter leurs priorités pour le monde agricole devant la FNSEA, syndicat agricole majoritaire.

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricole, qui souhaite en finir avec "l'écologie punitive et dogmatique", avait invité tous les candidats à la présidentielle à s'exprimer devant 1.500 agriculteurs, un électorat traditionnellement marqué à droite qui avait voté à 51% pour Nicolas Sarkozy en 2007.

Le président-candidat, qui a proposé de réduire les charges pesant sur les agriculteurs, a marqué sa distance avec la logique écologiste, les agriculteurs lui reprochant notamment d'avoir mis en place le Grenelle de l'Environnement en 2007.

"Je crois à l'environnement et je veux d'ailleurs rendre hommage au monde agricole", a dit Nicolas Sarkozy.

François Hollande, qui a passé un accord électoral avec les écologistes, a mis en avant sa volonté de faire du développement durable une nouvelle source de revenus pour les agriculteurs et s'est engagé à défendre les logiques de filières via la création de groupements d'intérêt économique.

"Faisons de cette double aspiration à être moderne et à respecter l'environnement un défi pour la France", a dit le candidat socialiste, soulignant que le photovoltaïque ou la méthanisation pourraient assurer de nouveaux revenus aux agriculteurs.

François Hollande arriverait quatrième (entre 12 et 14%) des intentions de vote des agriculteurs au premier tour, selon deux sondages publiés en février. Dans ces enquêtes, Nicolas Sarkozy reste largement en tête des intentions de vote, avec 40%, contre 18% pour François Bayrou (MoDem) et 15 à 17% pour Marine Le Pen.

"PROSE DE MAUVAIS LOBBYSTE"

Le président du MoDem, qui met l'accent sur la renégociation de la politique agricole commune (Pac), s'est exprimé devant un électorat plutôt amical, rappelant dès la première minute sa casquette d'exploitant et d'éleveur de chevaux dans le Béarn.

Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan et Eva Joly ont également accepté d'exposer leurs priorités agricoles en quinze minutes. Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou avaient en revanche décliné l'invitation.

Marine Le Pen s'est dite pour sa part favorable à une sortie de la Pac au profit d'une politique agricole française.

"Le développement durable, qui serait contre ? Je suis certaine que la course au profit prônée par l'OMC et l'Union européenne est aussi nocive pour notre environnement qu'elle l'est pour notre société", a dit la candidate du Front national, ajoutant qu'elle ferait interdire les importations de produits génétiquement modifiés (OGM).

La présidente du FN a provoqué les sifflets de la salle à la fin de son intervention - la plus mouvementée des candidats - en reprochant au président Xavier Beulin de défendre plus ses intérêts personnels que ceux des agriculteurs et en lui attribuant une "prose de mauvais lobbyste" au sujet des OGM.

Le 16 mars, le gouvernement a réitéré par décret l'interdiction de mise en culture du maïs génétiquement modifié Monsanto 810, après son annulation par le Conseil d'Etat. La FNSEA avait auparavant choisi de se retirer des débats sur cette question qu'elle jugeait biaisés.

Déplorant la provocation de Marine Le Pen, Xavier Beulin a dit à Reuters être satisfait des propositions amenées par les candidats. Dans la salle, de nombreux adhérents de la FNSEA ont fustigé une attitude "mal élevée" de la candidate du FN.

Le monde agricole, qui représente environ un million de votants et près de 500.000 exploitations, s'oppose à la logique d'une "écologie punitive et dogmatique", selon les mots du président de la FNSEA.

Il critique notamment les objectifs du Grenelle de l'Environnement qui visait à réduire de 50% l'usage des pesticides d'ici 2018 et à convertir 6% de la surface agricole utile d'ici 2012.

Le choix de Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l'Ecologie et du Développement durable, comme porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a également froissé le monde agricole, qui manifestait devant les portes de son ministère en février dernier.

Edité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

Derniers articles


Culture

Déclinaison de choux de Bruxelles

8 décembre 2016
Culture

Chou farci

8 décembre 2016
Culture

Bonbon de chou kale à la moelle

8 décembre 2016
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.