Plus d’un tiers des Français et Françaises ont eu recours à l’économie collaborative en 2017. Un mode de consommation qui oblige les assurances à inventer de nouveaux contrats, sur des durées plus courtes.

Selon une récente étude, 57% des utilisateurs d'économie partagée sont couverts par une assurance particulière
Selon une récente étude, 57% des utilisateurs d'économie partagée sont couverts par une assurance particulière © Maxppp / Jean-François Frey

C’est le nombre de personnes qui ont déjà partagé des biens ou services en France, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre, en Chine ou encore aux Émirats arabes unis. Une vaste étude menée dans ces six pays par l’assureur Lloyd’s et le cabinet Deloitte révèle également que 680 millions de personnes ont au moins une fois consommé des biens ou services de partage. Un marché qui promet d’être très porteur pour les assurances car un peu plus de la moitié seulement des 8 500 personnes interrogées (57%) a déclaré être assurée pour le service rendu ou le bien loué. 

Car les contrats d’assurance classiques ne couvrent généralement pas ce type de services. Le marché collaboratif est en effet très "varié" et "trouble les frontières entre le monde professionnel autour de l’entreprise et le monde du particulier", analyse Julien Maldonato du cabinet Deloitte. 

Un besoin de contrats plus souples et plus courts

Ce qui change notamment, c’est la durée du contrat. Aujourd’hui, "on consomme différemment d’une époque où on était propriétaire d’un bien qu’on préservait avec une durée de vie assez longue. On va vers une économie où peut-être demain, la durabilité, le rapport à la propriété évoluera beaucoup", estime l’expert pour qui les contrats d’assurance nécessitent d’être plus souples et les durées plus courtes.

L’usure des biens n’est plus la même non plus. Plus optimisé qu’avant, le bien va vieillir différemment, son usure être plus importante et donc nécessiter d’être assuré différemment. Julien Maldonato fait le même constat avec les services qui font des particuliers "des professionnels occasionnels" qui ne peuvent pas être assurés de la même manière. 

On peut imaginer des assurances collaboratives avec un pot commun - Julien Maldonato du cabinet Deloitte

Certaines assurances l’ont bien compris et proposent directement des contrats adaptés à leurs utilisateurs. C’est le cas d’Axa qui depuis quelques mois s’est associé avec Blablacar pour développer une assurance spéciale "covoitureurs".

Le service de location de voitures entre particuliers, Drivy, lui s’est associé à Allianz. Propriétaires comme locataires sont automatiquement couverts lorsqu’ils utilisent le service.

La plateforme Airbnb propose également une "garantie" pour les hôtes, en association avec les assureurs Lloyd’s et Zurich Insurance, qui couvre les dommages au sein d’un logement mais qui "ne peut tenir lieu d’assurance pour les propriétaires ou locataires", précise le site. 

Et ce n'est pas toujours à l'avantage de loueurs. Cet utilisateur d'Airbnb en a fait l'expérience. Après avoir proposé son appartement sur le site, il découvre quelques dégâts sur son canapé en cuir. "J'ai reçu des invités qui ont brûlé un canapé avec un fer à repasser", explique Yann à France Inter. Résultat, le canapé acheté il y a moins d'un an "ne ressemble plus à rien". Airbnb lui a proposé un dédommagement d'à peine plus de 60 euros, compte-tenu de l'usure estimée du produit. Un peu loin du prix initial de 700 euros, déboursé par l'utilisateur. 

Et maintenant, des assurances à la journée

"Vous partez en vacances, en week-end, en déplacement ? Vous avez besoin d’assurer vos objets préférés pour 1 jour ou pour 1 mois" demande le site valoo.com sur sa page d'accueil. Cette start-up associée à une filiale de la Maif lance une assurance à la demande, qui "s’active et se désactive instantanément". Celle-ci permet d’assurer des objets type "tablettes, enceintes, appareils photo, violons" pour un ou plusieurs jours, en cas de casse, vol ou oxydation. 

Julien Maldonato imagine également l’émergence "d’assurance collaborative _où chacun mettrait dans le pot commun et déciderait de la façon dont on accède au pot commun pour indemniser untel ou untel"_.

Une étude menée par le cabinet de conseil et d'audit PwC France en 2016 prédit pour l'économie collaborative un chiffre d'affaires de 83 milliards d'euros en 2025 en Europe. Il y a deux ans, il était de quatre milliards d'euros. De quoi promettre de belles retombées pour les compagnies d'assurance. 

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