L’économie et la question de la technique (suite) Les grands progrès de l’humanité permirent à l’homme de voler, de nager, de voir au-delà de la vue, de communiquer à distance, de conserver le son et les images du passé, toutes ces inventions « que l’homme attribuait aux dieux et dont il est aujourd’hui propriétaire... et qui, répétons-le, augmentent sa ressemblance avec Dieu » Le capitalisme est l’approche asymptotique de Dieu. L’homme s’engage dans la voie du progrès pour perfectionner ses organes par des prothèses « et faire disparaître les limites de leur performances » (MC p 33). L’accumulation du capital est l’approche infiniment retardée de Dieu. Tel Achille nous nous approchons de Dieu sans jamais l’atteindre. Cette approche asymptotique de Dieu recouvre le désir d’éternité, le désir de reculer la mort, qui a soumis dans les sociétés occidentales les hommes au temps d’une façon très particulière. Les hommes gagnent du temps. A l’opposé de la pulsion de mort, la culture et la technique répondent à leur désir d’éternité. « Mais l’homme d’aujourd’hui ne se sent pas heureux dans sa ressemblance avec Dieu. » (p 35) C’est pourquoi l’accumulation capitaliste est un leurre, et Freud émet quelques doutes sur les bienfaits de la technique, à tout le moins sur la technique comme moyen d’approcher du bonheur . Une chose distingue essentiellement le capitalisme des autres sociétés, l’utilisation systématique de la technique comme vecteur du « progrès ». Freud ne pense pas qu’il y ait de coupure essentielle entre la nouvelle société (post-industrielle) et l’ancienne, essentiellement rurale. La coupure se situe entre les ceuilleurs-chasseurs et les accumulateurs, agriculteurs, citadins et marchands, puis industriels. Les premiers vécurent dans l’abondance , les autres vivent dans la rareté. Fin du texte

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