la france en récession
la france en récession © reuters

Le produit intérieur brut s'est contracté de 0,2% sur les trois premiers mois de l'année après avoir déjà enregistré une baisse d'une ampleur similaire au dernier trimestre 2012. C'est ce que montrent les premiers résultats des comptes nationaux publiés mercredi par l'Insee, l'institut national de la statistique et des études économiques.

Deux trimestres consécutifs de baisse du PIB, c'est la définition de la récession. En France, ça n'était plus arrivé depuis début 2009, même si on ne compte qu'un seul trimestre de croissance positive sur les cinq derniers.

Une production au point mort, une consommation des ménages atone, des investissements en recul pour le cinquième trimestre consécutif et une nouvelle baisse des exportations sont autant de facteurs qui expliquent sa performance du premier trimestre.

La France , comme l'ensemble de la zone euro, est dans le rouge, Bruce de Galzain

Si l'Allemagne a limité la casse avec une croissance tout juste positive (+0,1%), les chiffres de l'économie française s'inscrivent tout de même dans un environnement déprimé pour l'ensemble de la zone euro, où les Pays-Bas et l'Italie ont également annoncé des chiffres négatifs. La zone euro, entrée en récession au troisième trimestre 2012, vient d'enregistrer son quatrième trimestre consécutif de baisse du PIB. Pour l'ensemble de l'Union européenne, le PIB a reculé de 0,1% par rapport au trimestre précédent, selon Eurostat.Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici insiste sur ce contexte, à la sortie du Conseil des ministres

Pierre Moscovici qui confirme par ailleurs l'objectif du gouvernement d'une croissance à 0,1% pour 2013. Le président de la République, lui, présente aujourd'hui les réformes qu'il compte mettre en oeuvre pour relancer l'économie du pays. Il espère obtenir en échange un report à 2015 du retour du déficit à 3%.

L'opposition pointe la "responsabilité personnelle" de François Hollande.

Jean-François Copé, président de l'UMP, dénonce l'échec de la politique du chef de l'Etat

L'ancien Premier ministre François Fillon a estimé qu'il existait un "problème français". "Nous avions engagé avec Nicolas Sarkozy un effort pour améliorer la compétitivité française (...) Le gouvernement de François Hollande a stoppé toutes ces réformes, les a annulées et ne les a remplacées par aucune initiative réelle en matière de compétitivité, donc la France est entrée en récession", a-t-il dit sur le site lopinion.fr.

L'analyse de Nicolas Beytout, ancien patron du groupe Les Echos et fondateur de L'Opinion, invité de Patrick Boyer à 13h

. ### Faiblesse de tous les indicateurs Dans l'immédiat, le détail des chiffres publiés par l'Insee témoigne d'une faiblesse généralisée de l'économie. La contribution de la demande intérieure finale (hors stocks) à la croissance du premier trimestre a été négative de 0,1 point, alors que celle de la variation des stocks a été positive de 0,1 point. Le commerce extérieur y a également contribué négativement à hauteur de 0,2 point. Les dépenses de consommation des ménages, qui stagnent depuis un an, ont diminué de 0,1% et l'investissement s'est replié de 0,9%. Ça n'était plus arrivé depuis une trentaine d'années. Et le recul de l'investissement touche aussi bien les entreprises non financières (-0,8%), les ménages (-1,3%) que les administrations publiques (-0,7%). "Seuls une reprise de l'économie globale et un impact positif des mesures économiques du gouvernement comme le crédit d'impôt compétitivité-emploi et le déblocage de l'épargne salariale sont de nature à soutenir l'activité au deuxième semestre", estime Dominique Barbet, économiste de BNP Paribas. "Mais cela ne suffira peut-être pas pour compenser l'impact de la récession actuelle et éviter une baisse du PIB en 2013", ajoute-t-il.
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La France en récession © Radio France / Idé
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