Pôle emploi
Pôle emploi © CC poil0do

Michel Sapin reçoit ce matin, au ministère du travail, les associations de chômeurs et Pôle emploi à la suite de l'immolation d'un chômeur à Nantes, il y a un mois.

Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires rappelle que le taux de suicides est six fois plus élevé chez les chômeurs. Et c'est cette détresse sociale que les associations de chômeurs veulent mettre au menu de leur rencontre avec le ministre.

Les associations réclament un "moratoire" sur les "trop-perçus" que Pôle emploi appelle les "indus": fin janvier 2013, environ 300 millions d'euros versés par erreur à des chômeurs n'avaient pas été recouverts. Selon l'Unédic, "ces indus représentent 2,5% à 3% des allocations versées, un ratio à peu près stable sur 10 ans". Pour les rembourser, des échéanciers sont proposés. Et certaines dettes peuvent être effacées, par Pôle emploi (en-dessous de 650 euros) ou des "instances paritaires régionales" qui tranchent de "manière discrétionnaire".

Les permanences et les forums internet des associations regorgent de témoignages de détresse de personnes à qui on réclame des sommes pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros, parfois plus d'un an après les faits.

Rose-Marie Péchallat, de Recours-radiation, estime que "ces trop-perçus sont devenus le cauchemar des chômeurs". Depuis peu, en Rhône-Alpes et en Aquitaine, certains demandeurs d'emploi reçoivent des SMS les enjoignant de rembourser leurs créances.

"On demande que soit pris le temps de réexaminer les dossiers, car, dans une famille de chômeurs, c'est de l'argent dépensé: tout va à la nourriture ou à la résorption des dettes", argumente Malika Zediri, de l'Apeis, l'Association pour l'emploi, l'information, et la solidarité des chômeurs

Au-delà, les associations estiment que certains "trop-perçus" ne seraient pas fondés. "Il y a beaucoup d'erreurs, qui, après recalcul, laissent même apparaître une dette de Pôle emploi.

Mais le malaise existe des deux côtés du guichet et pour les conseillers de Pôle emplois il est indispensable de réhumaniser le service.

Le reportage d'Agathe Mahuet.

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