l'enregistrement de jérôme cahuzac aurait été authentifié
l'enregistrement de jérôme cahuzac aurait été authentifié © reuters

Jérôme Cahuzac n'entend pas commenter les informations de presse selon lesquelles les policiers qui enquêtent sur la détention éventuelle d'un compte en Suisse non déclaré par le ministre du Budget ont identifié l'enregistrement qui lui est attribué.

Selon le site d'informations Mediapart, l'expertise de la police technique et scientifique indique que la bande n'a pas été manipulée et qu'il s'agit bien de la voix du ministre. Des témoins ont en outre authentifié l'enregistrement. Le Parisien, daté du 15 mars, fait également état de vérifications positives.

"Nous ne faisons pas de commentaires", a déclaré à Reuters l'entourage du ministre du Budget. Le parquet de Paris, également interrogé, a dit "ne faire aucun commentaire".

Sur cette bande, datant de la fin de l'année 2000, une voix attribuée à Jérôme Cahuzac déclare:

Ça me fait chier d'avoir un compte ouvert là-bas, l'UBS ce n'est quand même pas forcément la plus planquée des banques.

Cet enregistrement était en possession depuis douze ans de l'avocat Michel Gonelle, ex-rival politique de Jérôme Cahuzac dans le Lot-et-Garonne.

Les précisions de Nathalie Hernandez

Le ministre a nié avec force depuis trois mois, date des premiers articles de Mediapart, être la personne que l'on entend sur l'enregistrement, dont des extraits ont été diffusés.

Mais selon le site d'information, l'expertise de la police technique et scientifique exclut une manipulation.

L'enregistrement aurait été en outre authentifié par plusieurs témoins devant les enquêteurs de la Division nationale d'investigations fiscales et financières (Dniff), ajoute le site.

Toujours selon Mediapart, un détective ayant travaillé pour Patricia Cahuzac, l'épouse du ministre actuellement en instance de divorce, a assuré aux enquêteurs que sa cliente lui avait rapporté l'existence d'un compte en Suisse détenu par Jérôme Cahuzac. Ce que cette dernière n'aurait pas confirmé aux policiers, disant ne pas se souvenir de cette conversation.

Selon Le Parisien, ces investigations nourrissent un débat au palais de justice de Paris sur la nécessaire ouverture d'une information judiciaire, seule à même de permettre des investigations internationales suffisamment contraignantes pour percer le secret bancaire.

Le juge Guillaume Daïeff, chargé de l'instruction en cours visant l'évasion fiscale organisée par UBS, a écrit au parquet de Paris pour souligner qu'il ne serait "pas opposé à un réquisitoire supplétif" lui permettant d'élargir son instruction au ministre, précise le quotidien.

Une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale a été ouverte en janvier pour déterminer si le ministre a détenu dans les années 2000 un compte en Suisse, avant de le clôturer en 2010, comme l'affirme Mediapart.

Les autorités fiscales suisses ont transmis début février des informations aux services fiscaux français dans le cadre de l'enquête.

Le Journal du dimanche affirmait alors que ces informations avaient blanchi le ministre du Budget, excluant qu'il ait eu, depuis 2006, un compte bancaire à l'UBS à son nom ou à celui d'une société.

Mais pour des raisons de prescription, les recherches n'ont pas porté sur les années antérieures à 2006, alors que l'enregistrement attribué à Jérôme Cahuzac date de 2000.

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