[scald=68879:sdl_editor_representation]par Myriam Rivet

PARIS (Reuters) - L'épidémie de sida semble connaître une relative stabilité en France depuis 2007, selon une étude rendue publique par l'Institut de veille sanitaire (InVS), à l'approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre.

Sur les quelque cinq millions de tests de dépistage réalisés en 2010, environ 10.800 ont révélé une contamination par le VIH et près de 6.300 personnes ont découvert leur séropositivité à cette occasion. Un nombre qui, après avoir diminué entre 2004 et 2007, semble s'être stabilisé depuis.

Alors que les nouvelles contaminations par le VIH étaient estimées à environ 7.000 en 2008, ces chiffres signifient qu'"on n'arrive pas à faire reculer le nombre de nouveaux cas", a déclaré à Reuters Eric Fleutelot, directeur général adjoint de Sidaction. Mais, souligne-t-il, ils indiquent aussi qu'il n'y a "pas de généralisation de l'épidémie à toute la population".

Pour Olivier Denoue, directeur général délégué de l'association Aides, "les populations vulnérables, gays et migrants, restent les plus touchées, avec une épidémie qui reste très active dans ces populations".

INTENSIFIER LA PRÉVENTION

Selon les données des laboratoires français d'analyses, 40% des personnes ayant appris leur séropositivité en 2010 avaient été contaminées lors de rapports sexuels entre hommes (contre 57% lors de rapports hétérosexuels et 1% par usage de drogues) et un peu moins de la moitié des découvertes de séropositivité concernaient des personnes nées à l'étranger (dont 31,7% originaires d'Afrique subsaharienne).

Ce constat, combiné à celui d'un diagnostic de séropositivité réalisé très tardivement dans près d'un cas sur trois, "nous conforte dans notre volonté d'intensifier la prévention et le dépistage auprès des populations les plus concernées par l'épidémie", a déclaré le représentant d'Aides.

D'autant plus que le "dépistage communautaire par les pairs" (non-professionnels de santé) fait partie des priorités identifiées par les pouvoirs publics dans le plan national de lutte contre le VIH/sida lancé l'an dernier.

CHACUN EST CONCERNÉ

Car si "tout le monde n'est pas exposé de la même manière, tout le monde est concerné", relève Eric Fleutelot, en rappelant qu'entre 40.000 et 50.000 personnes en France seraient infectées par le VIH sans le savoir.

De plus, si parmi les personnes découvrant leur séropositivité pour le VIH, la proportion des jeunes de moins de 25 ans est restée relativement stable entre 2003 et 2010 (environ 12%), celle des 50 ans et plus a significativement augmenté (de 12% à 18%, soit environ 1.100 personnes en 2010).

"Le dépistage, c'est le coeur du réacteur", résume Olivier Denoue. En réduisant le délai entre la contamination et la connaissance du statut sérologique, la personne concernée est traitée plus rapidement. Et de cette façon "on coupe la chaîne des contaminations", puisque le traitement réduit le risque de transmission du VIH, souligne Eric Fleutelot.

Trente ans après les premiers signalements de cas de sida et en dépit des progrès réalisés, les associations restent mobilisées. Car le nombre de nouveaux cas diagnostiqués en France ne diminue plus depuis 2007 et s'élève à environ 1.500 par an. La situation est particulièrement préoccupante en Ile-de-France et en Guyane, Guadeloupe, Martinique et Mayotte.

Mais leur combat ne s'arrête pas aux frontières de l'Hexagone. Alors qu'en 2010, l'Onusida a recensé 34 millions de personnes vivant avec le VIH et 1,8 million de décès dus au sida à travers le monde, Aides et Sidaction dénoncent la baisse des financements publics et privés liée à la crise, qui touche de plein fouet le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

A l'approche des échéances électorales de 2012 en France, Aides a décidé de s'immiscer dans le débat politique en présentant dix mesures pour garantir l'accès aux soins et les droits des malades, en France et à l'international.

L'association compte interpeller à la fois les candidats à la présidentielle et aux législatives sur ses propositions, avec pour slogan: "Serez vous le candidat de la fin du sida ?".

"On est à un carrefour de l'épidémie, on a les moyens de l'arrêter et on aimerait que le prochain président soit celui qui mette en place les mesures qui seront impactantes pour enrayer l'épidémie en France et à l'international", explique Olivier Denoue.

Edité par Gilles Trequesser

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