Officiellement, ils sont "tombés de l'armoire". A l'annonce du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, Philippe Briand, son trésorier, s'est dit "très surpris". Jean-François Copé, le patron de l'UMP, a exprimé son "incompréhension". Une surprise ? Voire. France Inter est en mesure de révéler que l'équipe de Nicolas Sarkozy avait déjà été mise en garde, dès la fin février 2002 - en pleine campagne-, par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Celle-là même qui vient de retoquer les comptes de l'ancien président. Nous sommes quelques jours après la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, le 15 février. Une discrète réunion, dans les locaux de la commission, réunit les "sages", chargés de vérifier la sincérité des comptes, et quelques collaborateurs du chef de l'Etat. Sont présents Philippe Briand (trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy), Fabienne Liadzé (directrice financière de l'UMP) et Philippe Blanchetier, l'avocat de l'UMP. Le président de la commission, François Logerot, leur adresse alors une mise en garde sur le "mélange des genres". Il liste plusieurs déplacements litigieux de Nicolas Sarkozy, payés par l'Etat - dont celui du Tricastin sur le nucléaire, le 25 novembre 2011 : "Nicolas Sarkozy n'était pas encore candidat déclaré, mais il a tenu des propos qui relèvent de la campagne", pointe François Logerot. Avant d'ajouter que ces déplacements "devraient être intégrés" dans les comptes de campagne. La conversation est qualifiée de "courtoise mais explicite" par l'un des participants. Un avertissement que l'équipe de Nicolas Sarkozy, à l'époque, choisit de ne pas prendre au pied de la lettre. Sans doute à regret, aujourd'hui.

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