La France a annoncé mercredi qu'elle travaillait aux côtés des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne pour pouvoir puiser dans ses stocks stratégiques, une démarche qui vise à faire baisser les prix du pétrole en augmentant l'offre.

Le chef de l'Etat, qui avait jusqu'à présent conseillé aux Français de faire jouer la concurrence, trouve ainsi une réplique aux promesses de gel temporaire des prix et de rétablissement de la "TIPP flottante" de son rival socialiste François Hollande.

"La France est sur tous les fronts s'agissant de cette question des prix du carburant pour obtenir à très court terme une baisse des prix", a dit mercredi la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse.

"La France accompagne les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans les consultations de l'AIE (Agence internationale de l'énergie) qui pourraient permettre de puiser dans nos réserves", a-t-elle ajouté. "Nous travaillons aussi à convaincre les pays producteurs d'énergie à mettre davantage de ressources sur les marchés."

François Hollande a quant à lui estimé qu'il n'était "pas normal que l'Etat puisse gagner quelque recette que ce soit alors que le carburant augmente".

"La bonne solution, c'est de bloquer pendant trois mois les prix des carburants (...) et ensuite de répercuter les recettes supplémentaires que l'Etat engrange avec la TVA sur le consommateur", a-t-il dit à des journalistes, à Nice.

MENACE POUR LA CONSOMMATION ET L'EMPLOI

Bruno Le Roux, porte-parole du candidat socialiste, avait interpellé Nicolas Sarkozy mardi : "Combien d'annonces hebdomadaires de la hausse du prix de l'essence faudra-t-il pour que Nicolas Sarkozy daigne porter son attention sur cette question si sensible pour le pouvoir d'achat des Français ?"

Les tarifs des carburants ont fortement augmenté avec la hausse des prix du pétrole. Le baril de la Mer du Nord (Brent) se traitait mercredi à près de 124 dollars, un niveau seulement récemment dépassé mi-2008 à près de 150 dollars.

Le litre d'essence s'est ainsi approché de 2 euros dans certaines stations parisiennes les plus chères, selon le comparateur de prix du ministère de l'Economie

Des tarifs élevés menacent la consommation et l'emploi, sur fond de stagnation du pouvoir d'achat et de hausse du chômage.

L'Insee a annoncé mercredi que le pouvoir d'achat individuel avait baissé de 0,2% au quatrième trimestre 2011 après une baisse de 0,3% au troisième, limitant à 0,4% sa hausse sur l'ensemble de l'année dernière, après +0,1% en 2010.

Le pouvoir d'achat figure en tête des préoccupations des Français, avec le chômage, qui a augmenté en février pour le dixième mois consécutif.

Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A en métropole, la plus regardée, est proche de 2,9 millions, son plus haut niveau depuis fin 1999, et le nombre de chômeurs dans les trois principales catégories s'approche de 4,3 millions.

Jean-Baptiste Vey, avec Emmanuel Jarry, Yann Le Guernigou et Elizabeth Pineau à Nice, édité par Patrick Vignal

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