vers un accord sur le budget européen
vers un accord sur le budget européen © reuters

Il aura fallu seulement 24 heures de négociations pour aboutir à un accord sur le budget européen pour 2014-2020. Un budget qui, pour la première fois, est en baisse. Comme tout le continent, les Vingt-Sept vont donc se serrer la ceinture.

"Marché conclu", lance

le président du Conseil européen, Herman Von Rompuy. "Ça valait la peine d'attendre".

Car après 24 heures de négociations, les dirigeants européens ont réussi à s'entendre sur ce fameux budget 2014-2020, éternelle source de blocage entre les Vingt-Sept. Les institutions européennes vont donc elles aussi entrer dans une phase d'austérité qui touchait déjà tout le continent.

Au coeur de cet accord, la proposition du président du Conseil européen d'une enveloppe de 960 milliards d'euros de crédits d'engagement, hors Fonds européen de développement et instruments hors cadre financier. Cela représente 1,0% du Revenu national brut (RNB, l'équivalent du PIB pour l'Europe).

Une dernière séance plénière du Conseil a permis de régler les problèmes posés par les revendications des ultimes "récalcitrants", selon le mot d'une source française. Car la France estime avoir quitté la table des négociations en vainqueur... Ou en tout cas en limitant les dégâts.

Bertrand Gallicher a assisté au point presse final de François Hollande après cet accord.

Anglais et Français repartent satisfaits

La Politique Agricole Commun, que défend la France, ne s'en sort pas trop mal. Certes, l'enveloppe proposée pour l'agriculture et la pêche, à près de 373,5 milliards d'euros, est en recul de 47,5 milliards par rapport au budget 2077-2013. Mais elle est aussi supérieure de 1,25 milliard par rapport à ce que l'Union proposait en novembre dernier.

La France a droit en outre à un bonus d'un milliard d'euros au titre de l'aide au développement rural, et l'Italie de 1,5 milliard.

De son côté la presse britannique salue un accord historique qui a non seulement réduit le budget communautaire mais préservé le rabais obtenu par Margaret Thatcher en 1984. Mais là aussi les Français estiment avoir atteint leur objectif en obtenant que leur contribution au financement des divers "rabais" soit plafonné à 1,6 milliard d'euros.

Un accouchement difficile

Les négociations n'avaient pas commencé sous les meilleurs auspices. Le Conseil européen avait commencé jeudi avec cinq heures et demie de retard. En cause la lutte entre pays attachés à un budget de soutien à la croissance (la France en tête), et ceux souhaitant des coupes budgétaires importantes (dont la Grande-Bretagne).

Après une suspension de séance, vers minuit, les chefs d'Etat et de gouvernement ont multiplié les contacts. Selon une source de la délégation française, François Hollande et David Cameron se sont ainsi rencontrés vers trois heures du matin, en présence d'Angela Merkel.

David Cameron aurait ainsi fait un "objectif politique" de la réduction de ces crédits et la négociation s'est faite milliard par milliard : "il ne voulait pas aller au delà de 906 milliards, et puis après il ne voulait plus aller au delà de 907, puis de 908, jusqu'à ce que l'on arrive à 908,4 milliards."

Le Parlement votera-t-il ce budget ?

Car c'est désormais au Parlement européen de se prononcer sur ce budget 2014-2020... Et il pourrait bien dire non. En tout cas les chefs des quatre principaux groupes politiques ont annoncé qu'ils refuseraient de l'appliquer "en l'état". Selon eux, Herman Von Rompuy n'a "ni parlé, ni négocié avec les parlementaires ces derniers mois".

Ce dernier appelle le Parlement européen à "prendre ses responsabilités. Le budget européen n'est pas une opération comptable. La vie, la survie de régions, de groupes sociaux entiers en dépendent".

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