L'exercice de l'Etat comme un jeu d'infiltration

Par Charles Mollet JDLP à Langres.

La toute récente musique de campagne de Nicolas Sarkozy donne le ton : l’heure est à la crise.

A ce sujet, il est particulièrement plaisant, intéressant et efficace de comparer la musique de campagne du candidat UMP de 2007 et celle de 2012.

Ces compositions originales donnent une ambiance de campagnes.

Entre la version 2007 et celle élaborée en 2012, deux registres radicalement différents s’opposent. La où la première composition (2007) évoque l’espérance d’un changement, la seconde évoque le combat, la menace, la crise.

Les slogans de campagne accompagnent naturellement ce changement de ton. Nous passons ainsi de « Ensemble, tout devient possible » en 2007 à « La France forte » en 2012.

Cette musique de campagne signée Laurent Ferlet , a été enregistrée à Sofia, en Bulgarie avec un orchestre de cinquante musiciens.

L’exercice de l’Etat : un jeu d’infiltration ?

Rythmique, instrumentation, mélodie, toutes les dimensions de cette musique de campagne ne sont pas sans rappeler très nettement la bande originale du deuxième opus du jeu vidéo Metal Gear Solid . Un jeu d’espionnage musclé créé par Hideo Kojima.

Ressemblances
Ressemblances © Radio France / CMOLL
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Ressemblances © Radio France / CMOLL
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Ressemblances © Radio France / CMOLL

Metal Gear Solid est un jeu d’espionnage musclé créé par Hideo Kojima.

Or toutes proportions gardées, le tempo de la crise ne m'apparait pas comme étant le plus adapté à la campagne.

Je ne crois pas que le salut du pays réside d’abord dans la réforme. La réforme implique implicitement un certain état de crise. A tel point que la crise est devenue une véritable spécialité nationale. Crise économique ou financière, crise bancaire, crise sociale, crise morale, identitaire ou sécuritaire, crise institutionnelle…Depuis 50 ans, ces crises sont toujours sans précédents. Elles sont toujours les plus graves que le pays ait eu à traverser. Elles sont autant de menace pour le pays et l’appellent à la réforme, au changement. Depuis cinquante ans, tous nos chefs d’Etat ont eu, en quelque sorte, recours à la crise. A tel point que la gestion de crise ou la sortie de crise, semble, in fine , relever des affaires courantes de l’Etat.

Ainsi la crise ne saurait sérieusement faire l’objet, je crois, de tout un programme électoral. Elle doit en être une simple composante que l’homme public ingénieux saura enrayer, en trouvant ses idées sur d’autres terrains.

Il n’est aucun slogan, aucun homme, aucun parti aujourd’hui, qui puisse résister à l’inertie d’un vaste peuple. Le changement n’est pas plus maintenant que la France est forte. La France sera forte quand chaque français aura la conviction d’être fort, la France changera quand chaque Français sentira, au fond de lui, un irrésistible appel au changement.Il n’est ni force ni changement, ni quoique-ce-soit d’autre, quand le peuple est un spectateur passif de la chose publique. La démocratie et la république ont mis fin au rôle passif du peuple devenu assemblée de citoyens actifs. Nier cela, c’est nier l’essence même de notre République démocratique.

Filant l’exercice, je crois en effet qu’ensemble tout devient possible.

Ensemble, dans une communauté d’idées, d’esprit, de volontés et d’action. Dans une ferveur nationale sincère, dans un élan commun aussi vigoureux qu’entêté. Mais ces élans sont-ils encore possibles hors d’une victoire au mondial de football ? Je le crois.

La France a eu, a, et aura le visage que nous, ses citoyens, lui donnerons.

Par Charles Mollet, JDLP à Langres

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