L’exposition du Musée d'Orsay explore les vêtements dans les tableaux des impressionnistes. Ces peintres représentaient la figure humaine dans son quotidien. En cela, ils ont rendu compte des modes et des attitudes de leur temps.

Affiche expo
Affiche expo © Radio France

Ils considéraient le portrait comme l'instantané d'un homme dans son cadre familier. Ils ont renouvelé la scène de genre par leur attention à "la métamorphose journalière des choses extérieures", pour reprendre l'expression de Baudelaire. Les peintres Manet et Degas sont de parfaites illustrations de ce nouveau type de Parisien qu'est le « flâneur », fin observateur de la vie « moderne ». A travers la position esthétique des impressionnistes, on peut assister à une transfiguration de l'homme des années 1860-1880.

L a restitution de la gestuelle et du jeu des étoffes gagnent en authenticité

Dans la peinture impressionniste, figures et vêtements perdent, comme le dit Mallarmé à propos de Manet, « un peu de leur substance et de leur solidité ». La silhouette s'en trouve davantage intégrée dans l'atmosphère. En revanche, la restitution des gestes et du jeu des étoffes sur le corps gagnent en authenticité. Aussi en apprenons-nous beaucoup plus sur le "look" des contemporains avec ce courant pictural qu'à travers le portrait mondain posé ou la scène de genre faussement naturelle.

Tissot le bal
Tissot le bal © © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Ce constat s'appuie sur une soixantaine de chefs-d’œuvre de Manet, Monet, Renoir, Degas, Caillebotte. Certains d'entre eux n'ont pas été présentés à Paris depuis plusieurs décennies tels que le portrait de Madame Charpentier et ses enfants de Renoir (New York, The Metropolitan Museum of Art) ou Nana de Manet (Hambourg, Hamburger Kunsthalle) qui avait figuré à la rétrospective Manet en 1983 (Galeries nationales du Grand Palais) ou encore La Loge de Renoir du Courtauld Institute de Londres.

Pour mieux saisir l'approche des impressionnistes, des oeuvres de leurs contemporains font contrepoint - Tissot ou Stevens par exemple. Ils sont, eux, plus préoccupés par la représentation de la Parisienne et de la société élégante du Second Empire et des débuts de la Troisième République.

La présence d'une cinquantaine de robes et d'accessoires permet la confrontation avec la réalité. La mode féminine du milieu du XIXème est par exemple marquée par l'abandon progressif de la crinoline au profit de la tournure.

La mode masculine, plus uniforme, est évoquée avec une vingtaine de costumes.

Enfin, un ensemble documentaire rassemble des dessins, des gravures de mode, des journaux de mode - dont La dernière Mode , éphémère revue rédigée par Mallarmé, ainsi que des photographies sortant de l'atelier du Disdéri.

La dame aux éventails Degas
La dame aux éventails Degas © © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
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