François Hollande à Toulouse
François Hollande à Toulouse © EPA/MAXPPP / GUILLAUME HORCAJUELO

Il y a un an, Mohamed Merah tuait quatre personnes dont trois enfants devant le collège Ozar Hatorah de Toulouse. Le président François Hollande a délivré dimanche à Toulouse un message de compassion et de fermeté contre l'antisémitisme.

Lors de cette cérémonie organisée un an après les faits, le chef de l'Etat a affiché sa détermination pour lutter contre "le terrorisme" et "l'antisémitisme", défendant l'intervention française au Mali et les poursuites contre les "messages de haine" sur internet. Juste avant son discours, environ 1 500 personnes ont prispart à une marche silencieuse en souvenir des sept personnes tuées en mars 2012 : trois militaires ainsi qu'un professeur et trois élèves d'une école juive.

Alain Gastal à Toulouse

François Hollande a réaffirmé que toute la lumière serait faite sur ces crimes qui ont endeuillé Toulouse et Montauban et fait également deux blessés graves, un autre soldat et un lycéenjuif.

"Ces villes resteront le symbole d'une tragédie mais aussi, et c'est le sens de notre rassemblement d'aujourd'hui, le symbole d'une France debout, que rien ne peut abaisser, diminuer, réduire", a déclaré le chef de l'Etat.

À Montauban, à Toulouse, c'est la France qui a été agressée. En tuant des soldats, en s'en prenant à des enfants dans une école, c'est la République que l'on a voulu frapper en son coeur. La République a tenu bon et la France a surmonté l'épreuve.

Extrait du discours de François Hollande

"L'Etat vigilant"

François Hollande, qui s'était rendu en novembre à l'école juive Ohr Torah - ex-Ozar Hatorah - pour un hommage en compagnie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a souligné que l'Etat serait "vigilant" concernant l'antisémitisme.

"J'ai donc voulu que des mesures soient prises pour lutter contre la diffusion des messages de haine sur internet, en particulier sur les réseaux sociaux", a-t-il dit, allusion notamment à la publication de 'tweets' antisémites sur le site Twitter.

"Les tribunaux les ont condamnés à transmettre les données permettant l'identification des auteurs de messages antisémites, et je veillerai à les contraindre, ces réseaux, à fournir ces noms", a-t-il poursuivi, laissant entendre que des propositions seraient faites en ce sens dans les prochaines semaines.

Le président de la République est aussi revenu sur l'enquête autour des crimes de Mohamed Merah, soulevant lui-même les questions qui restent en suspens un an après les faits.

Les explications de Nasser Madji.

"Cette tragédie aurait-elle pu être évitée ? Merah a-t-il agi seul ou était-il membre d'un réseau plus vaste ?", s'est-il interrogé.

"La réponse est due aux familles et à la France tout entière. Cette réponse, elle leur sera donnée et je m'en porte garant."

Poème et magnolia

Se réclamant d'Al-Qaïda, Mohamed Merah a été abattu le 22 mars 2012 par la police au terme d'un long siège de son domicile.

Une enquête en cours doit déterminer si le jeune Toulousain a bénéficié de complicités. L'un de ses frères, Abdelkader Merah, a été mis en examen pour complicité d'assassinats et incarcéré. Son avocat a demandé sa remise en liberté.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a réaffirmé début mars que des "fautes" avaient été commises par les services de renseignement français lors de l'affaire.

Albert Chennouf, le père d' Abel Chennouf, l'un des deux parachutistes tués à Montauban a reçu l'assurance que les pouvoirs publics iront "jusqu'au bout"

Dans un rapport publié en octobre, l'inspection générale de la police avait relevé des "défaillances objectives", en particulier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), sur la dangerosité de Mohamed Merah.

Réaffirmant que des "corrections" avaient été apportées au fonctionnement des services de renseignement, François Hollande a observé que "plusieurs cellules terroristes" avaient été démantelées ces dernières semaines, évoquant un lié à uine tentative d'attentat commise à Sarcelles ou le groupe interpellé à Marignane.

Avant sa prise de parole, des proches des victimes, des élus, des responsables religieux et des anonymes ont défilé dans les rues de Toulouse, quasiment un an jour pour jour après une marche d'hommage qui avait rassemblé 8.000 personnes le 23 mars 2012.

Le cortège s'est rendu jusqu'au square Charles-de-Gaulle, devant l'hôtel de ville, où, en présence de François Hollande, sept enfants ont lu un poème de Rudyard Kipling et un magnolia a été planté.

"Cette journée, c'est le symbole que celui et ceux qui sont derrière ce qui s'est passé au mois de mars 2012 ne peuvent pas gagner", a déclaré à Reuters Nicole Yardeni, présidente régionale du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Ces commémorations interviennent après la remise cette semaine de la légion d'honneur à titre posthume aux trois soldats tués par Mohamed Merah (v

Mardi, jour anniversaire de l'assassinat de quatre personnes dans l'école juïve Ozar Hatorah de Toulouse, une soirée d'hommage et de débat est prévue à l'Espace du judaïsme toulousain.

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