Maman elle dit il faut pas tu bouges, il faut pas tu parles, il faut pas tu fais aucun bruit" … C’est une petite fille qui parle, coincée dans son destin comme dans le coffre de cette voiture qui l’a fait traverser la frontière avec sa mère.

Elle vient d’un pays de misère, la douleur rentrée à fleur de peau. Elle nous dit sa courte vie avec ses mots d’errance. Le père et le frère morts, la fuite, la faim, le passeur, le pays quitté, les frontières et… le "pays de la France ", le pays où l’on ne met pas ses chaussures neuves car sinon "les gens ils donnent pas les pièces de sous", le pays où le monsieur dit à sa mère "tu donnes les pièces de sous ta fille elle ramasse "…

Pourtant, elle est comme les autres, elle veut une vie de petite fille, avec des rêves et une poupée à la robe rose, belle comme un avenir. Alors dans les rayons du supermarché, la poupée brille de mille et une paillettes tentantes, trop tentantes…

Seule en scène, Caroline Stella est blottie dans le texte, dans cette langue façonnée de désirs de tendresse, avec ces mots murmurés dans l’accent des départs. Elle modèle à voix nue une petite Alice au pays des frontières, un pays où les Lapins Blancs n’ont pas de montre à gousset…

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