C'est la star de tous les congrès cancer depuis cinq ans, et elle le sera encore au Congrès de l'ASCO 2018, qui réunit à Chicago jusqu'au 5 juin les plus grands spécialistes du cancer dans le monde : l'immunothérapie.

L'institut Curie à Paris propose l'immunothérapie à certains patients atteints de cancer
L'institut Curie à Paris propose l'immunothérapie à certains patients atteints de cancer © Institut Curie

Dans la lutte contre le cancer, elle constitue depuis cinq ans une des pistes les plus sérieuses pour les plus grands spécialistes dans le monde : l'immunothérapie.

L'immunothérapie consiste à activer les défenses immunitaires du patient pour qu'elles s'attaquent aux cellules cancéreuses. Elle constitue un immense espoir dans le traitement des cancers. De fait, on obtient dans certains cas des résultats exceptionnels, mais la technique butte encore sur beaucoup d'obstacles. On n'en maîtrise pas encore toutes les subtilités et cela ne fonctionne que sur une minorité de patients.

Bref, malgré l'espoir légitime qu'elle suscite, ce n'est pas encore la solution miracle. Pour l'instant, elle est utilisée pour traiter certains cancers métastatiques – cancer du poumon, mélanome… – quand les cellules cancéreuses ont migré du cancer initial vers d'autres organes. 

De faibles taux de réussite

En moyenne, 20 % des patients répondent au traitement, et parmi eux la moitié répond dans la durée, avec une rémission qui peut durer plusieurs années. Certains patients restent même en forme après l'interruption du traitement. Donc le traitement fonctionne sur peu de patients, mais quand ça marche, le résultat impressionne.

Mais, pour 10 % de miracles, 90 % des patients réagissent peu ou pas du tout. Pire, certains patients voient leur tumeur enfler sous immunothérapie. On tente donc de plus en plus souvent d'administrer l'immunothérapie à un stade moins tardif de la maladie. Parallèlement, pour plus d'efficacité, les médecins combinent ces immunothérapies à d'autres traitements comme la radiothérapie et la chimiothérapie.

Une étude vient de sortir à ce sujet. Elle est très encourageante dans le cancer du poumon puisqu'elle tend à prouver qu'associer chimiothérapie et immunothérapie fait beaucoup mieux qu'une "chimio" seule. 

En termes d'effets secondaires, l'immunothérapie reste beaucoup mieux tolérée que la chimiothérapie. Elle provoque malgré tout dans de rares cas des réactions immunitaires importantes, comme des thyroïdites, réactions auto-immunes qui peuvent conduire à la destruction de la thyroïde.

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