L'accès à l'éducation est un vecteur essentiel d'inclusion des immigrés dans leur pays d'accueil. Mais selon l'OCDE, il reste trop inégalitaire, particulièrement en France.

Une école de Fouesnant  (Finistère) accueille dans ses rangs 5 enfants irakiens
Une école de Fouesnant (Finistère) accueille dans ses rangs 5 enfants irakiens © Maxppp / Vincent Mouchel

C'est LA statistique que la France aurait voulu voir disparaître, parmi les milliers que contient l'étude "Regards sur l'éducation" dévoilée par l'OCDE ce jeudi: elle concerne ce qu'on pourrait appeler "l’ascenseur scolaire", ou la manière dont le système éducatif français donne leur chance aux enfants d'immigrés. Ces chiffres, comme ceux de l'étude internationale PISA sur l'école, la France n'a de cesse de les réfuter. Il faut dire qu'ils ne sont vraiment pas à son avantage.

Ascenseur scolaire à deux vitesses

Seulement 27% des jeunes dont les deux parents sont nés à l'étranger ont réussi à faire des études supérieures, quand ces parents n'avaient pas dépassé le niveau bac. Ce taux, il s'élève à 42% chez les enfants de parents tous deux nés français. Le corollaire, c'est que 63% des enfants d'immigrés dont les parents avaient le niveau bac ont terminé leur cursus avec un niveau inférieur ou égal.

C'est d'autant plus inquiétant pour la France qu'en la matière, la moyenne des pays de l'OCDE est bien meilleure : 36% des enfants nés de deux parents ayant immigrés et obtenu le bac ont réussi à les surpasser dans leur niveau d'études, contre 39% pour les enfants nés de deux parents autochtones. Les inégalités sont donc beaucoup plus marquées en France.

Et pourtant, rappelle l'OCDE, l’éducation doit jouer ce rôle d'inclusion des nouveaux arrivants, et de réduction des inégalités, en permettant aux descendants d'immigrés d'accéder au marché du travail et à des perspectives de revenus et de richesse. Ce rattrapage reste insuffisant en France, où, comme en Grèce ou en Italie, les enfants d'immigrés ont plus de difficultés à accéder à des études supérieures que les enfants de parents nés français. L'OCDE recommande de renforcer l'égalité dans l'accès à l'après-bac, en menant des politiques de soutien aux moins favorisés, en leur faisant payer des frais d'inscriptions moins élevés ou en leur accordant des aides financières pendant la durée des études.

Heureusement, il y a l'école à 3 ans pour tous

Le bon point, pour la France, c'est l'accès à l'école maternelle: avec ce taux de 100% d'enfants de trois ans scolarisés en maternelle, notre pays est bien au-dessus de la moyenne OCDE de 71%. Et comme le rappelle l'étude, "l'accueil et l'éducation de la petite enfance sont particulièrement déterminants pour les enfants issus de l'immigration". A cet âge-là les apprentissages sont basés sur le développement du langage, et peuvent permettre d'amener les enfants d'immigrés sur un pied d'égalité avec les autres enfants, au moment de l'entrée en primaire.

Ce qui ressort de l'étude de l'OCDE, c'est qu'en matière d'intégration des enfants issus de l'immigration, la France est en avance au début du cycle scolaire... mais se retrouve à la traîne plus on avance dans les études.

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