le religieux modéré hassan rohani élu dès le premier tour à la présidence de l'iran
le religieux modéré hassan rohani élu dès le premier tour à la présidence de l'iran © reuters

Personne ne l'attendait, et pourtant... Hassan Rohani, seul candidat modéré de la présidentielle iranienne, remporte la présidentielle dès le premier tour, avec un peu plus de 50% des suffrages. Une page qui se tourne pour la République islamique ?

C'est donc le religieux Hassan Rohani, seul candidat modéré en lice, qui a remporté cette élection présidentielle iranienne. Une victoire sans appel, dès le premier tour, avec la majorité absolue nécessaire. Le ministre de l'Intérieur, Mostafa Mohammad-Najjar, l'a annoncé sur la télévision publique.

Selon lui, 72% des 50 millions d'électeurs inscrits ont voté et Hassan Rohani a recueilli un peu plus des 50% nécessaires pour éviter un second tour. Le Guide suprême Ali Khamenei a rapidement salué l'élection du nouveau président.

Quelque 50 millions d'Iraniens étaient appelés aux urnes pour désigner le successeur de Mahmoud Ahmadinejad. Certains bureaux de vote sont restés ouverts pendant cinq heures supplémentaires en raison de l'affluence.

Un président moins proche du Guide suprême

Celui qui a été négociateur en chef sur le nucléaire ne représente pas une rupture franche avec la ligne dure actuellement défendue par Téhéran. Hassan Rohani est un religieux, mais il était aussi l'unique candidat à ne pas exprimer une allégeance inconditionnelle à Ali Khamenei. Il s'est évidemment gardé de critiquer le Guide suprême, qui détient l'essentiel du pouvoir en Iran, mais semble prendre ses distances.

Âgé de 64 ans, le nouveau président a occupé des postes militaires élevés, comme le commandement de la défense aérienne, lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988) après avoir joué un rôle actif lors de la révolution de 1979 qui a chassé le Chah du pouvoir.

Il a rejoint depuis la fin des années 1980 plusieurs institutions du pouvoir iranien, dont l'Assemblée des experts, le Conseil de discernement, et surtout le Conseil suprême de la sécurité nationale, qu'il a dirigé sous les mandats présidentiels d'Akbar Hachemi Rafsandjani et de Mohammad Khatami.

Quels changements ?

Les adversaires conservateurs de Hassan Rohani lui reprochent particulièrement d'avoir accepté la suspension des activités iraniennes d'enrichissement de l'uranium entre 2003 et 2005, dans le cadre de négociations avec le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Au cours de la campagne, Hassan Rohani a néanmoins cherché à rassuré les conservateurs, en déclarant que le programme nucléaire iranien avait continué à faire des progrès lors de son expérience de négociateur en chef, et en qualifiant de "mensonge" les affirmations contraires. C'est toutefois surtout envers le camp réformateur qu'il s'est efforcé de donner des gages, afin d'attirer des électeurs désenchantés par la répression des manifestations du "mouvement vert" de juin 2009. Le précédent scrutin présidentiel avait été suivi d'un vaste mouvement de contestation dans la rue contre la réélection, jugée frauduleuse, de Mahmoud Ahmadinejad.

Hassan Rohani s'est engagé à faire adopter une "charte des droits de l'homme" et à faire respecter les droits des femmes et des minorités ethniques.

Un homme neuf au pouvoir, cela peut-il rompre l'isolement. diplomatique actuel ? Élements de réponse avec Sepideh Farkhondeh ,journaliste et écrivaine iranienne.

Premier changement de cette élection : l'attitude de l'Occident semble déjà évoluer. Peu après l'annonce des résultats, Laurent Fabius a annoncé que la France saluait "l'inébranlable aspiration à la démocratie du peuple iranien." "Les attentes de la communauté internationale à l'égard de l'Iran sont fortes, notamment sur son programme nucléaire et son engagement en Syrie", a souligné le chef de la diplomatie française dans un communiqué.

"Nous sommes prêts à y travailler avec le nouveau président iranien", a-t-il ajouté.

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