mohamed morsi déclare l'état d'urgence dans trois villes d'egypte
mohamed morsi déclare l'état d'urgence dans trois villes d'egypte © reuters

Après huit jours de manifestations qui ont fait près de 60 morts, c'est la diffusion d'une vidéo qui a peut-être le plus marqué l'opinion. Elle montre des policiers égyptiens frappant un manifestant à terre, dépouillé de ses vêtements, près du palais présidentiel au Caire.

Hamada Saber, un homme d'âge mûr, a été admis dans un hôpital de la police. La vidéo diffusée vendredi à la télévision le montre nu, couvert de poussière, entraîné de force par une demi-douzaine de policiers vers un véhicule blindé.

Les services du président Mohamed Morsi ont annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette affaire mais l'opposition a accusé le nouveau pouvoir issu des Frères musulmans d'agir envers les manifestants comme le faisait le régime d'Hosni Moubarak, renversé il y a deux ans.

"C'est Morsi qui est nu. Il a perdu sa légitimité. C'est fini", a écrit sur son compte Twitter Ahmed Maher, fondateur du mouvement du 6-Avril, en grande partie à l'origine, avec ses jeunes militants, du soulèvement contre Moubarak en janvier 2011.

Le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition, affirme même "se ranger totalement au côté des appels du peuple égyptien et de ses forces vives à une chute du régime de la tyrannie et (à la fin de) l'hégémonie des Frères musulmans". Un appel à renverser l'actuel président. Une déclaration publiée après une nouvelle nuit de violences devant le palais présidentiel, qui a fait un mort et des dizaines de blessés.

Le récit de ces heurts, par notre correspondante au Caire, Vanessa Descouraux.

"Dans le feu de l'action, des libertés civiques peuvent être violées"

Pour la présidence égyptienne, au contraire, c'est l'opposition qu'il faut blâmer.

"Durant les dernières manifestations, il ne s'agissait pas d'expression politique mais plutôt d'actes criminels. La présidence ne tolérera pas le vandalisme ou les atteintes aux individus et à la propriété. La police a répondu avec retenue à de tels actes", ont affirmé les services du président Morsi.

"Indubitablement, dans le feu de l'action, des libertés civiques peuvent être violées, ce que la présidence ne peut pas non plus tolérer. Lors d'un incident, un individu a été emmené de force par des policiers et frappé. Le ministère de l'Intérieur, comme il se doit, a ouvert une enquête", a ajouté la présidence.

Le problème, c'est que ces images rappellent à beaucoup d'Egyptiens celles d'une femme battue par les policiers sur la place Tahrir au Caire... en décembre 2011. Les militaires dirigeaient alors le pays, juste après la chute de Moubarak. Un souvenir que le président actuel n'a aucun intérêt à réveiller.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.