le "plan de paix" de bachar al assad rejeté par l'opposition
le "plan de paix" de bachar al assad rejeté par l'opposition © reuters

Le président syrien Bachar al Assad a fait dimanche sa première apparition publique depuis plusieurs mois en lançant un appel à la "mobilisation totale de la nation" pour lutter contre les insurgés qu'il a qualifiés de terroristes d'Al Qaïda. Un discours d'une heure où il a campé sur ses positions face à la guerre civile dans son pays.

"Nous nous rencontrons aujourd'hui et la souffrance accable la terre de Syrie. Il n'y a pas de place pour la joie tant que la sécurité et la stabilité sont absentes des rues de notre pays", a déclaré le chef de l'Etat syrien dans un discours prononcé dans les locaux de l'opéra de Damas. Derrière lui, une gigantesque affiche composée de visages formant le drapeau syrien.

La correspondance de notre consoeur du Figaro, Delphine Minuit.

"La nation est à tous et nous devons tous la protéger."

Le président syrien a annoncé une "conférence de réconciliation", mais en excluant "ceux qui ont trahi la Syrie", à savoir l'opposition syrienne. Selon lui, le conflit actuel n'oppose pas "le pouvoir et l'opposition, mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins". Des opposants financés selon lui par l'étranger... À l'exception de la Chine, de la Russie et de l'Iran, dont il a salué le "refus d'ingérence" et le soutien à son régime. "Nous ne dialoguerons pas avec une marionnette fabriquée par l'Occident", a-t-il ajouté.

Bachar al Assad a également évoqué aussi un nouveau gouvernement et une amnistie pour certains détenus. À plusieurs reprises, le président syrien a été acclamé par la foule de ses soutiens, qui lui ont même offert un bain de foule lors de son départ.

Pour François Burgat, directeur de l'Institut Français du Proche-Orient à Beyrouth, rien de nouveau dans ce discours.

Il s'agit des premiers propos tenus en publics par le président depuis l'interview accordée en novembre à une chaîne de télévision russe lors de laquelle il s'était engagé à rester en Syrie et à lutter jusqu'à la mort si nécessaire.

L'opposition refuse tout dialogue avec Bachar al Assad

En face, la Coalition de l'opposition syrienne a immédiatement rejeté la "solution politique" du président syrien. "Nous avons dit lors de la formation de la Coalition que nous souhaitions une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de le sortir (du pays)", explique son porte-parole. "Ils ont déjà perdu pour cela plus de 60.000 martyrs, ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique."

Le soulèvement entamé il y a 21 mois contre son gouvernement s'est progressivement transformé en guerre civile qui, selon les Nations unies, a fait 60.000 morts.

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