intensification des combats en syrie
intensification des combats en syrie © reuters

Les discussions menées par la Coalition nationale syrienne (CNS), l'opposition en exil, pour aplanir ses différends et présenter un front uni pour la prochaine conférence de paix de Genève sont toujours dans l'impasse. Damas a accepté de participer.

Après deux jours de discussions à Istanbul, jeudi et vendredi, les dirigeants de la CNS étaient toujours en négociations tard dans la nuit pour se trouver un chef et pratiquer l'ouverture en direction des non islamistes, deux points demandés par les pays qui soutiennent l'opposition.

Au grand dam des ses soutiens internationaux, la CNS n'a toujours pas réussi à se trouver un président depuis la démission en mars de Moaz al Khatib. Ce religieux respecté par ailleurs a présenté sans succès deux initiatives pour que le président syrien Bachar al Assad puisse quitter le pouvoir pacifiquement.

Bref l'opposition peine à présenter un front uni. Christian Chesnot.

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E CNS Genève II

La dernière proposition de Moaz al Khatib, un plan en 16 points qui voit le président Assad remettre le pouvoir au vice-président ou au Premier ministre et partir à l'étranger avec 500 membres de son entourage, a rencontré peu d'écho à Istanbul.

En ce qui concerne l'ouverture, Michel Kilo, une figure de l'opposition "libérale", a rejeté une proposition du secrétaire général de la Coalition, l'homme d'affaires Moustafa al Sabbagh, visant à intégrer certains membres de son courant au sein de la CNS.

Le courant Kilo veut l'assurance d'obtenir une représentation significative au sein de la CNS avant d'y participer, a déclaré Michel Kilo.

"La fiancée refusée"

Pour faire le point sur les préparatifs de la conférence de paix souhaitée par leurs deux pays, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov doivent tenir une réunion privée lundi à Paris.

La Russie et le gouvernement syrien ont donné leur accord de principe pour participer à la conférence de Genève, prévue pour le mois se juin.

L'opposition a fait savoir par certains de ses dirigeants qu'elle participerait à la conférence, tout en estimant que cette réunion ne devrait pas permettre de produire un accord prévoyant le départ du président syrien Bachar al Assad.

"Nous sommes dans une situation où tout le monde pense qu'il y aura un mariage alors que la fiancée refuse. Le régime doit faire preuve d'un minimum de volonté montrant qu'il est prêt à faire cesser le bain de sang", a déclaré Haitham al-Maleh, un membre de la coalition.

En Syrie, les combats continuent de faire rage, notamment autour du verrou stratégique de Koussaïr, où l'Iran a nié vendredi avoir engagé des troupes aux côtés des forces gouvernementales syriennes et du Hezbollah chiite libanais.

La région de Koussaïr est très importante pour le gouvernement de Damas qui veut assurer la liaison entre la Bekaa libanaise, bastion du Hezbollah, et "le pays alaouite" du littoral méditerranéen syrien où vivent de nombreux alaouites, une branche du chiisme à laquelle appartient le clan Assad.

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