L'Europe, le FMI et le secteur privé (banques et assurances) depuis le second prêt à la Grèce sont les trois bailleurs de fonds des pays endettés. Comment fonctionne chacun des systèmes et comment ces trois acteurs coordonnent-t-ils leurs actions? Éléments de compréhension.

L'Europe : les crises successives des dettes des membres de la zone euro renforcent la solidarité économique entre les États et permettent aux institutions de progresser. Le 9 mai 2010, les pays de la zone euro créent le premier mécanisme collectif de crise. Le FESF (Fond européen de stabilité financière) ouvre deux leviers d'actions complémentaires :

  • il permet à la Commission européenne d'emprunter à la place des États de la zone euro en

    difficulté. La somme est limitée à 60 milliards d'euros, gagée à hauteur du budget européen.

  • dans un second temps et si la situation du pays en crise l'impose, les États peuvent soit

    emprunter en leur nom, soit apporter des garanties aux emprunts émis par le FESF.

Le plafond maximum est fixé à 440 milliards d'euros. Ces deux dispositifs autorisent donc

l'Europe à contracter des emprunts à hauteur de 500 milliards d'euros. Le FESF est destiné à

être temporaire. En effet, le 30 juin 2013, il devrait disparaître pour laisser ses attributions à un

nouveau dispositif : le mécanisme européen de stablisation.

Le fonctionnement du FESF / Véronique Julia :

Partager

Le FMI a été créé après la seconde guerre mondiale afin d'assurer la stabilité du système international des échanges. Il distille des prêts à des pays pour résoudre leurs problèmes de balance des paiements. Ces prêts sont accordés à partir du moment où le programme établi avec l'État concerné est bien respecté. Le programme européen décrit ci-dessus est une aide de la dernière chance. Autrement dit, il doit être sollicité par un État de la zone euro à partir du moment où toutes les autres solutions de prêt ont été refusées. Par conséquent, le FMI est amené à être sollicité avant le FESF. Pour Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, l'Europe prouve sa faiblesse en faisant appel au FMI :

Quand la Californie a eu un problème de dette, l'Amérique n'a pas appelé le FMI.

Les relations entre le FMI et les pays européens / Pierre-Yves Dugua :

Partager

Le secteur privé : à l'occasion du second prêt accordé à la Grèce et pour la première fois, des banques et des assureurs créanciers mettent la main à la poche. Sur la base du volontariat, ils ont promis de contribuer à hauteur de 54 milliards d'euros sur trois ans, à 135 milliards d'euros sur dix ans. 30 institutions financières dont 22 européennes se sont portées volontaires. Cette intervention du secteur crée un précédent.

Les banques et les assurances participent pour la première fois à un plan d'aide / Véronique Julia :

Partager

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.