A tout juste 28 ans, Max Schrems a gagné son combat contre Facebook après 4 ans de procédure
A tout juste 28 ans, Max Schrems a gagné son combat contre Facebook après 4 ans de procédure © MaxPPP

Facebook et les autres géants d'internet pourraient être contraints de cesser d'envoyer des données personnelles de citoyens européens vers les Etats-Unis, après le coup fatal porté mardi par la justice européenne au cadre juridique de ces transferts transatlantiques.

La justice européenne a invalidé mardi le cadre juridique couvrant le transfert de données personnelles de l'UE vers les Etats-Unis, dans un arrêt cinglant qui ouvre la voie au blocage du transfert des données de tous les abonnés européens de Facebook. Elle fait ainsi voler en éclat le régime qui encadre depuis quinze ans ces transferts de données à des fins commerciales, connues sous le nom de "Safe Harbour". Le vice-président de la commission européenne a toutefois estimé que les transferts de données personnelles entre entreprises pourraient se poursuivre.

Un "coup majeur pour la surveillance de masse"

La Cour se prononçait dans une affaire impliquant le réseau social Facebook, mais des milliers d'entreprises sont concernées par cet arrêt cinglant, qui place l'UE et les Etats-Unis dans l'obligation de combler rapidement ce nouveau vide juridique. Les données en question englobent toutes les informations permettant d'identifier un individu, de manière directe (nom, prénom, photo ou encore empreinte) ou indirecte (numéro de sécurité sociale ou même numéro de client par exemple). A l’origine du recours, le juriste autrichien Max Schrems s’est réjoui d’un "coup majeur pour la surveillance de masse exercée par les États-Unis, qui repose lourdement sur des partenaires privés".

Facebook renvoie la balle aux Etats

"Cette affaire ne concerne pas Facebook", s'est empressé de réagir mardi le réseau social, soulignant que la justice européenne ne lui avait rien reproché dans ses pratiques, mais qu'elle visait le cadre juridique existant. "Il est impératif que les gouvernements de l'UE et des Etats-Unis assurent qu'ils continuent de fournir des méthodes fiables pour des transferts légaux de données et qu'ils résolvent toutes les questions liées à la sécurité nationale", a insisté Facebook Europe, dans un communiqué.

Un jeune homme de 28 ans contre le mastodonte de l'Internet : David contre Goliath

Après quatre ans de procédures contre le Goiliath de l’Internet, à tout juste 28 ans, le jeune juriste autrichien Max Schrems obtient d’une certaine manière son sacre de pire cauchemar de Facebook. Le jeune croisé de la protection des données n'est pourtant pas le dernier à communiquer sur les réseaux sociaux : "Yay !", a-t-il réagi mardi dans un tweet victorieux, quelques minutes après avoir appris que la Cour de justice de l'Union européenne s'était prononcée en sa faveur. Facebook est "un outil formidable pour rester en contact avec ses connaissances, confiait-il ainsi en 2014. Mais je n'y ai jamais partagé d'informations trop personnelles".

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