[scald=103273:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy ne souhaite pas mettre la France à l'écart de l'Union européenne et a pour seule ambition d'aller le plus loin possible dans la réforme des accords de Schengen en cours de négociation, a dit lundi la porte-parole du président candidat.

Nathalie Kosciusko-Morizet a contesté lors d'un point de presse que le chef de l'Etat, lors de son discours de dimanche à Villepinte, ait proféré des menaces à l'égard de l'Union européenne.

"Nicolas Sarkozy propose d'aller plus loin que les négociations" sur la réforme de Schengen, a-t-elle dit, en insistant sur deux points : la mise en place d'un "gouvernement politique" de ces accords, avec des sanctions contre les Etats défaillants en matière de contrôle aux frontières, et la fin des disparités en matière de droit d'asile.

Les taux d'acceptation de demandes d'asile s'échelonneraient, selon la porte-parole, de 1,5% en Irlande jusqu'à 60% à Malte, la France se situant à 14%.

Nicolas Sarkozy a déclaré dimanche que si aucun progrès sérieux n'intervenait dans cette direction au cours des douze prochains mois, il suspendrait, en cas de réélection, la participation de la France aux accords de Schengen.

Nathalie Kosciusko-Morizet n'y voit "aucune menace".

FAIRE BOUGER LES CHOSES

"L'objectif n'est pas de se mettre à l'écart, l'objectif est de faire bouger les choses (...) pour aller encore plus loin dans la négociation", a-t-elle assuré. "Il propose d'aller vers un gouvernement européen sur ces questions comme il l'a fait sur la zone euro."

Quant aux mots "menaces", "ultimatum", elle considère qu'il s'agit d'expressions utilisées dans la presse "de la même manière" que dans leur comptes rendus des tensions qui ont accompagné les négociations sur la mise en place d'une gouvernance économique de la zone euro.

"Finalement l'Europe, elle a avancé. Elle a avancé probablement plus que dans certaines décennies passées", a encore dit la porte-parole pour expliquer les positions de Nicolas Sarkozy.

De même, elle a souligné la volonté du président-candidat d'accélérer les choses dans les débats européens sur le principe de réciprocité commerciale pour favoriser les entreprises qui produisent dans l'Union.

"On a constaté qu'il y avait une opposition très forte au sein de la Commission, et notamment de tous les commissaires libéraux. Il s'agit de créer un rapport de force sur un sujet qui est depuis longtemps objet de conflit avec la Commission ou entre les commissaires", a indiqué Nathalie Kosciusko-Morizet.

Nicolas Sarkozy a déclaré dimanche que la France était aussi prête à agir unilatéralement si l'Union européenne ne mettait en place une législation réservant l'accès aux marchés publics aux entreprises qui produisent sur son sol.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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