par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - A la veille d'une intervention télévisée cruciale de Nicolas Sarkozy, l'UMP a lancé samedi sa mobilisation générale pour soutenir son futur candidat, "qui reste au travail pour se battre contre la crise et protéger les Français".

Réuni porte de Versailles à Paris, le conseil national du parti majoritaire a adopté son projet et investi ses candidats pour les législatives de juin, qui suivront la présidentielle.

Mais au-delà de l'ordre du jour officiel, il s'agissait de rassembler les troupes et de remonter leur moral au moment où l'écart creusé dans les sondages par le candidat socialiste François Hollande, après la présentation récente de son programme, suscite des interrogations dans les rangs.

"A cette heure, l'élection reste imprévisible", leur a déclaré le Premier ministre François Fillon, ajoutant : "Aucun scénario n'est écrit à l'avance, car ce scénario c'est vous qui allez l'écrire avec le peuple français."

Extrait de la déclaration de François Fillon

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, avait donné le ton en ces termes : "Arrière les doutes, arrière les hésitations, arrière les idées noires, place à la volonté, place à nos valeurs et à nos convictions, place au courage et à l'esprit de conquête!"

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a invité pour sa part les 2.000 militants présents à se "méfier de ce terrible mois de janvier", où les favoris des enquêtes d'opinion ne sont pas toujours les vainqueurs de la présidentielle qui suit.

Il avait auparavant souhaité un "bon anniversaire" à Nicolas Sarkozy", qui a fêté ses 57 ans samedi, pour ajouter : "Dans les moments un peu durs, l'amitié ça compte".

Si le projet de l'UMP a été approuvé à 96% des voix des membres du Conseil national du parti, c'est surtout l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dimanche qui était dans les esprits, au cours de laquelle le chef de l'Etat doit dévoiler une réforme du financement de la protection sociale pour ne plus le faire peser uniquement sur le travail.

SUJET SENSIBLE

Alors qu'un relèvement de la TVA est attendu, une perspective qui a soulevé des réserves au sein même de l'UMP, les intervenants ont mis en avant le "courage" du futur candidat non encore déclaré dans sa volonté de réformer jusqu'au bout pour améliorer la compétitivité de l'économie.

"Nous savons que le sujet est sensible, nous savons que toutes les caricatures, tous les mauvais procès nous attendent au tournant", a dit François Fillon.

"Mais nous avons fait notre choix: nous sommes aux côtés des Français qui veulent produire en France, aux côtés des Français qui veulent travailler dans leurs usines, aux côtés des Français qui, à juste titre souhaitent que les produits que nous importons paient leur part de financement de notre protection sociale", a-t-il ajouté.

François Fillon et Jean-François Copé, mettant leur rivalité de côté, se sont partagé le travail pour attaquer le programme de François Hollande, accusé de manquer de vision, de courage et de pêcher par "irresponsabilité financière", et vanter par contraste le "caractère" du président sortant.

Très applaudi, le secrétaire général de l'Union chrétienne-démocrate allemande (CDU), le parti de la chancelière Angela Merkel, y a été de son couplet en déclarant : "M. Hollande, aucune de vos déclarations n'apporte de réponse aux problèmes urgents de notre époque !"

Et d'indiquer que la chancelière "se réjouit d'avance des rencontres communes prévues d'ici avril dans le cadre de la campagne électorale", annonçant ainsi qu'elle viendrait soutenir Nicolas Sarkozy.

Un cadeau empoisonné pour le chef de l'Etat et l'UMP ? Les précisions de Carine Bécard

L'investiture donnée à 501 candidats pour les 577 circonscriptions législatives -l'UMP ayant réservé un certain nombre de sièges pour ses alliés et devant encore régler quelques contentieux- n'a été validée que par 82% des membres du conseil national, 18% votant contre, sur fond de critiques sur la faible part laissée aux femmes.

La ministre de l'Apprentissage Nadine Morano, déléguée nationale aux élections, a fait valoir que des femmes avaient été investies dans 40% des circonscriptions détenues par la gauche. Mais elles ne représentent au total que 28% des candidats, contre 26% en 2007, ce qui fait de l'UMP un des partis les plus à la traîne sur les questions de parité.

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